L'appel de Ben Laden a été entendu - 40 nouveaux morts en Irak

Bagdad — Quelques heures après qu'Oussama ben Laden eut apporté son soutien à l'insurrection irakienne, plus de 40 personnes, dont 34 membres des forces de l'ordre et le vice-gouverneur d'une province, ont trouvé la mort dans une série d'actes de guérilla tandis qu'un général de la garde nationale échappait à un attentat suicide à la voiture piégée.

Un groupe se réclamant d'Abou Moussab Zarqaoui, allié de Ben Laden, a, selon une déclaration publiée sur un site Internet, revendiqué la tentative d'assassinat contre le général mais rejeté toute responsabilité dans l'explosion d'un camion-citerne qui s'était produite un peu plus tôt près de l'ambassade de Jordanie à Bagdad.

Cinq personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans un attentat suicide commis à Bakouba. La plupart des victimes appartiennent également à la garde nationale, dont une unité avait été dépêchée sur les lieux d'un premier attentat pour porter secours aux blessés. L'attaque la plus meurtrière, dans laquelle 13 policiers ont été tués, a été menée contre un commissariat du sud de Tikrit, ville natale de Saddam Hussein, située à 150 kilomètres au nord de Bagdad. D'autres opérations se sont produites dans les deux heures qui ont suivi sur l'axe routier reliant Tikrit à la capitale.

À l'ouest du pays, le corps du vice-gouverneur de la province d'al-Anbar, Mouayad Marouane al-Ithaoui, a été retrouvé dans la ville rebelle de Ramadi quelques heures après son enlèvement par des inconnus hier, a-t-on appris de source policière.

Lundi, les corps de six Irakiens tués par balles avaient été retrouvés à Ramadi. Selon la police, «ils étaient accusés de collaboration avec les forces américaines».

La succession des faits laisse à penser que les attaques ont pu être commises par les mêmes auteurs ou qu'elles ont été coordonnées, ce qui accréditerait la thèse d'une alliance entre djihadistes sunnites, tels que le Jordanien Zarqaoui, que Ben Laden a présenté comme le chef de file d'al-Qaïda en Irak, et partisans de l'ancien régime, qui craignent que les élections du 30 janvier ne portent la majorité chiite au pouvoir.

Aux États-Unis, le secrétaire d'État Colin Powell a déclaré sur la chaîne CBS que la violence continuerait après les élections générales. «Les insurgés sont déterminés à ne pas voir s'établir un gouvernement représentatif. [...] Ils veulent un retour à la tyrannie, et c'est pourquoi l'insurrection va se poursuivre et devra être battue par les forces de la coalition.»

Dans un autre entretien, sur CNN, M. Powell a exhorté les sunnites irakiens à voter aux élections. Le Parti islamique irakien, plus important parti sunnite du pays, a annoncé lundi qu'il se retirait de la course électorale. Cette décision renforce les chances d'un boycottage des sunnites, prôné par l'influent Comité des oulémas.

À Bagdad, le général Jeffrey Hammond, de la première division de cavalerie américaine, a déclaré que 5000 soldats supplémentaires avaient été déployés dans la capitale pour assurer la sécurité des élections. L'armée américaine a également annoncé que des soldats avaient abattu un membre de la garde nationale irakienne qui avait ouvert le feu sur eux dans la matinée à Kerbala, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad.