Un chef chiite échappe à un attentat

Bagdad — Le chef chiite irakien, Abdel Aziz Hakim, a échappé hier à un attentat qui a fait 13 morts et 66 blessés à Bagdad tandis que le principal parti sunnite se retirait de la course électorale, estimant difficile de tenir un scrutin dans les conditions actuelles de sécurité.

Les bureaux de M. Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII) et qui conduit une liste donnée favorite pour les élections, ont été visés par un kamikaze à bord d'une voiture piégée.

«Dieu merci, Abdel Aziz Hakim est sain et sauf», a déclaré son fils, Mohsen Hakim, attribuant l'attaque aux «ennemis de la nation irakienne qui refusent que les élections aient lieu à la date prévue».

«Ce sont les mêmes qui ont tué Mohammed Baqer al-Hakim», l'ancien chef du CSRII et frère de M. Hakim, tué en août 2003 par l'explosion d'une voiture piégée à Najaf, ville sainte chiite située à 160 km au sud de Bagdad, a-t-il dit.

Abdel Aziz Hakim conduit la liste de la Coalition irakienne formée avec la bénédiction du plus prestigieux des chefs religieux chiites d'Irak, le grand ayatollah Ali Sistani.

Quelques heures après l'attentat, la principale formation sunnite, le Parti islamique irakien, a créé la surprise en annonçant son retrait de la course électorale, pour protester contre le refus des autorités de reporter les élections de six mois pour attendre une amélioration de la sécurité.

«Nous nous retrouvons dans l'obligation de nous retirer», a annoncé le chef du parti, Mohsen Abdel Hamid, dont le parti avait formé une liste de 275 candidats pour les élections, soit autant que le nombre des sièges de l'Assemblée nationale constituante qui doit être élue.

En visite en Chine, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré que «les élections dans des régions dangereuses comme Mossoul et autour de Bagdad pourraient être retardées pour que nous puissions concentrer nos moyens en matière de sécurité».

Sur le terrain, des sources sécuritaires irakiennes ont indiqué que 12 Irakiens avaient été tués dans cette région dimanche et hier, dont sept soldats de la Garde nationale, mais l'armée américaine n'a confirmé que la mort de trois enfants, tués selon elle par des tirs rebelles.

Un soldat américain a été tué dans une attaque à la bombe artisanale hier à Bagdad, portant à 1314 le nombre de militaires américains tués en opération en Irak depuis l'invasion du pays en mars 2003, selon un bilan établi à partir des chiffres du Pentagone.

Les corps de six Irakiens accusés de «collaboration» avec les forces étrangères et exécutés par balles ont par ailleurs été retrouvés à Ramadi, chef-lieu de la province sunnite rebelle d'Al-Anbar.

À Fallouja, l'armée américaine a annoncé que près de 8000 habitants avaient regagné leur ville, théâtre en novembre d'une offensive majeure contre la guérilla sunnite, mais que la plupart n'avaient fait que passer pour évaluer les dégâts subis lors de l'assaut.