Israël libère 159 prisonniers

Douces retrouvailles dans un checkpoint près de Hébron.
Photo: Agence France-Presse (photo) Douces retrouvailles dans un checkpoint près de Hébron.

Ramallah, Cisjordanie — Israël a libéré hier 159 prisonniers palestiniens dans un geste de «bonne volonté» envers l'Égypte et a annoncé que l'évacuation des colonies de la bande de Gaza commencerait en juin.

La libération de prisonniers a été minimisée par l'Autorité palestinienne, en raison de leur petit nombre et parce qu'ils devaient presque tous être prochainement libérés après avoir purgé leurs peines.

«Nous nous réjouissons par principe de la libération de n'importe quel prisonnier, mais nous aspirons à la libération de ceux qui sont détenus depuis de longues années», a déclaré aux journalistes le principal dirigeant palestinien, le chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas.

Le premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a appelé quant à lui Israël à libérer l'intégralité des 8000 prisonniers palestiniens.

Sur les 159 Palestiniens libérés, 46 étaient détenus pour séjour sans permis en territoire israélien.

Les autres, dits «détenus de sécurité», avaient été arrêtés pour implication dans des attaques dans les territoires occupés n'ayant pas fait de blessé, ou pour «troubles à l'ordre public» ou encore pour appartenance à des groupes armés liés au Fatah, le principal mouvement palestinien.

Par ailleurs, M. Sharon a annoncé à la commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement que l'évacuation des colonies de la bande de Gaza et de quatre colonies isolées du nord de la Cisjordanie serait entérinée en février par le cabinet et commencerait en juin.

L'entrée prochaine prévue de huit ministres travaillistes au gouvernement doit assurer à M. Sharon une nette majorité au cabinet lors de ce vote. M. Sharon a réaffirmé qu'Israël «n'accepterait pas un retrait sous le feu», en référence aux attaques menées par les groupes armés palestiniens.

Un général israélien a affirmé quant à lui qu'en cas de nécessité, l'armée israélienne pourrait reconquérir la bande de Gaza pour mettre un terme aux attaques.

«L'armée dispose d'un large éventail de ripostes allant jusqu'à la reconquête de la bande de Gaza», a déclaré le chef du département des opérations de l'état-major, le général Gadi Shmani.

Sur le terrain, un chef des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, a été tué hier par une unité spéciale de l'armée israélienne à Naplouse, au nord de la Cisjordanie.

Sa mort porte à 4647 de nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, dont 3602 Palestiniens et 970 Israéliens.

Par ailleurs, un candidat indépendant à l'élection présidentielle palestinienne, Moustapha Barghouthi, a été interpellé hier par la police israélienne à Jérusalem est.

Cette interpellation intervient au lendemain de la promesse faite par le gouvernement israélien de faciliter l'organisation de l'élection présidentielle palestinienne du 9 janvier.