Irak: un kamikaze aurait frappé à Mossoul

Bagdad — Quatre soldats américains et huit Irakiens ont été tués hier à travers le pays, où se pose désormais la question de la sécurité des bases américaines après une attaque meurtrière à Mossoul menée, selon un général américain, par un kamikaze vêtu d'un uniforme de l'armée irakienne.

Trois marines ont été tués dans la province rebelle d'al-Anbar, à l'ouest de Bagdad, a annoncé un porte-parole militaire sans préciser les circonstances de ces décès. Auparavant, l'armée avait annoncé qu'un de ses soldats avait été tué et deux autres blessés dans l'explosion d'une bombe à Bagdad.

Ces soldats sont les premiers militaires américains à trouver la mort en Irak depuis l'attaque contre la base de Mossoul qui a fait mardi 18 morts américains, dont 14 GI's, ainsi que quatre membres des forces de sécurité irakiennes.

Déguisement

L'attentat, dans lequel 72 autres personnes ont été blessées, dont 51 soldats américains, semble avoir été commis par un homme déguisé en militaire irakien, a déclaré hier à CNN le général américain Carter Ham, responsable des forces de la coalition à Mossoul.

«Ce n'est pas certain à 100 % mais il semble qu'un individu portant un uniforme militaire irakien, peut-être avec une veste comportant un explosif, était dans le réfectoire et a actionné son mécanisme, provoquant la tragédie», a précisé le général Ham, interrogé depuis l'Irak.

Dans un premier temps, les autorités américaines avaient parlé d'une attaque à la roquette.

L'attentat, le plus meurtrier contre des soldats américains en Irak depuis l'annonce de la fin des opérations militaires d'envergure, le 1er mai 2003, a été revendiqué par le groupe Ansar al-Sunna, lié au réseau terroriste al-Qaïda d'Oussama ben Laden, qui a parlé d'une «opération martyre».

Interrogé sur les mesures de sécurité à l'entrée du réfectoire, le général Ham a répondu qu'«il n'était pas inhabituel pour des soldats ayant fini une mission d'avoir encore leur gilet pare-balles, d'entrer dans le réfectoire pour avoir un repas, de le manger rapidement et de retourner à leur mission».

«Il est très difficile d'imaginer que [cet attentat] soit l'oeuvre d'un seul individu.» Sa préparation a peut-être pris plusieurs jours, «et il s'agit probablement d'une action bien coordonnée plutôt que l'acte d'un individu isolé», a estimé le général.