Libération des otages français - Polémique entre Julia et le gouvernement

Paris — Au lendemain du retour à Paris des deux ex-otages d'Irak, une violente polémique a éclaté entre le gouvernement et le député UMP Didier Julia, qui avait mené en septembre une opération de libération infructueuse.

Une demi-heure après avoir posé le pied sur le sol français, l'un des deux journalistes, Georges Malbrunot, avait dénoncé mercredi soir le rôle joué par Didier Julia. «Je suis scandalisé par le comportement de la personne que vous citez, c'est jouer contre la vie de deux compatriotes, ça ne mérite que le mépris», avait-il lancé à la presse.

Hier, plusieurs personnalités de la majorité ont accusé Didier Julia d'avoir menti et l'ont menacé d'une exclusion du groupe UMP de l'Assemblée et d'autres procédures. «Il y a des gens qui n'ont pas fait preuve de responsabilité ni d'esprit civique [...] Il faudra en effet qu'ils répondent à des questions qui sont posées. Il faudra obtenir des réponses», a dit le ministre UMP des Affaires étrangères, Michel Barnier, sur France Inter.

Didier Julia a violemment répliqué. «Ce n'est pas parce que nous avons un ministre complètement nul qui veut couvrir son incompétence en me prenant comme bouc émissaire que je n'aurais plus confiance et dans mon mandat et dans ce que je fais», a-t-il dit sur RTL.

Didier Julia, député proche du lobby pro-irakien en France sous Saddam Hussein, avait pris la tête en septembre d'une mission présentée comme officieuse et visant à libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot, capturés le 20 août. Il était aidé d'un ancien militaire, Philippe Brett, président de l'OFDIC (Office français pour le développement de l'industrie et de la culture), autre émanation du lobby pro-irakien, ainsi que d'un autre homme, Pierre-Girard Hautbout.

Fin septembre, les trois hommes avaient affirmé avoir rencontré les otages en Irak. Philippe Brett avait même dit être en leur compagnie en direct sur une radio, le 1er octobre.

Alors que le député attendait en Syrie, la mission avait finalement capoté le 1er octobre et Didier Julia avait imputé son échec à une intervention armée américaine lors du transport. Cette version des faits a été démentie par les deux ex-otages, qui ont expliqué n'avoir jamais vu Philippe Brett, a rapporté Michel Barnier. Philippe Brett n'aurait même jamais pénétré en Irak à l'époque des faits.