À Davos, Zelensky réclame plus d’armes et des sanctions «maximales» contre la Russie

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de son intervention en visioconférence
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de son intervention en visioconférence

Davantage d’armes et des sanctions « maximales » : trois mois après l’invasion de son pays par la Russie, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réclamé lundi à Davos une aide internationale plus rapide.

« Les sanctions […] devraient être maximum, pour que la Russie et tout autre agresseur potentiel qui veut conduire une guerre brutale contre son voisin connaisse clairement les conséquences immédiates de ses actions », a-t-il affirmé lors d’une intervention en visioconférence pour la journée d’ouverture de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF).

À l'heure où Kiev dit faire face à une situation « de plus en plus difficile » dans le Donbass (est), sous intenses bombardements russes, M. Zelensky a aussi réclamé davantage d’armes pour son pays, regrettant que le soutien de la communauté internationale n’ait pas toujours été assez rapide.

« Si nous avions reçu 100 % de nos besoins en février, le résultat aurait été des dizaines de milliers de vies sauvées. C’est pourquoi l’Ukraine a besoin de toutes les armes que nous demandons, pas seulement celles qui ont été fournies », a-t-il dit.

« Nous avons besoin d’armes plus que de n’importe quoi d’autre », avait déjà indiqué dimanche soir devant la presse Anastasia Radina, une parlementaire ukrainienne venue à Davos.

L’Ukraine a besoin d’armes « comme celles de l’OTAN », incluant des chars, des systèmes de défense aérienne, des avions chasseurs, a-t-elle détaillé, estimant que les aides militaires reçues jusqu’à présent, « ce n’est pas encore assez ».

« Après trois mois de guerre, et des dizaines de milliers de vies perdues, on en est encore à discuter de si nous avons besoin d’avions chasseurs. Franchement c’est scandaleux », a-t-elle déploré.

« Aucun commerce avec la Russie »

Le gouvernement ukrainien réclame aussi une intensification des sanctions contre la Russie, qu’il voudrait isoler complètement du commerce international.

« Il ne devrait y avoir aucun commerce avec la Russie », a affirmé lundi M. Zelensky, réclamant entre autres « un embargo sur le pétrole russe » et des mesures contre « toutes les banques russes, sans exceptions ».

Les pays occidentaux ont mis en place toute une série de sanctions économiques contre la Russie. Mais si les États-Unis et le Royaume-Uni ont renoncé à importer du pétrole russe, l’Union européenne a du mal à se mettre d’accord sur le sujet, car certains de ses pays membres sont très dépendants du gaz et du pétrole russes.

« Nous comprenons que l’Europe essaye d’estimer le coût que cela va avoir pour son économie. Mais de l’autre côté, il y a l’Ukraine, il y a une vraie guerre », a insisté la ministre ukrainienne de l’Économie, Ioulia Svyrydenko, venue elle aussi à Davos.

« La Russie veut détruire l’Ukraine […] et menace le monde de famine. On n’a définitivement pas le temps de faire de l’analyse. Nous avons besoin de couper la Russie du monde civilisé, complètement », a-t-elle martelé.

L’Ukraine tient la vedette cette semaine à Davos, où la réunion des élites politiques et économiques mondiales organisée par le WEF fait son retour après deux ans de parenthèse pour cause de pandémie de COVID-19.

Nombre de responsables politiques ukrainiens y ont prévu de faire le voyage en personne, parmi lesquels plusieurs ministres, des parlementaires, ou les maires de Kiev et Boutcha.

 

Le fondateur du WEF, Klaus Schwab, s’est félicité d’une « délégation particulièrement forte d’Ukrainiens », mais a en revanche exclu cette année les Russes, qui représentent habituellement un gros contingent de participants.

Et la « maison russe » des éditions précédentes a cédé la place à une « maison des crimes de guerres russes », où une exposition de photos des victimes et dégâts provoqués par l’invasion était inaugurée lundi.

« Je crois que le Forum économique mondial est l’endroit où l’Ukraine doit être présente et parler des crimes de la Fédération russe », a souligné le maire de Boutcha, Anatoly Fedoruk.

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