Les troupes américaines lancent une traque aux insurgés à Mossoul

Des Irakiennes attendaient hier de pouvoir se procurer un peu d’essence.
Photo: Agence Reuters Des Irakiennes attendaient hier de pouvoir se procurer un peu d’essence.

Mossoul — L'armée américaine a bouclé hier des quartiers entiers de Mossoul, troisième ville d'Irak, et entrepris des perquisitions pour retrouver les auteurs de l'attaque de mardi, qui a causé la mort de 18 Américains et de quatre Irakiens la veille.

Le gouverneur de Mossoul a fait interdire la circulation sur les cinq ponts de la ville qui enjambent le Tigre en avertissant que ceux qui enfreindraient cette mesure seraient abattus. Des habitants évoquent une cité fantôme aux rues vides.

L'attaque, selon le chef d'état-major interarmées Richard Myers, était apparemment un attentat suicide. «Les enquêteurs s'apprêtent à conclure leur examen sur les raisons de l'explosion. À ce stade, il semble qu'il s'agisse d'un engin explosif porté par un agresseur», a déclaré le général Myers, précisant qu'une annonce officielle interviendrait prochainement. C'est en tout cas l'acte le plus meurtrier subi par les Américains depuis l'invasion de l'Irak.

Plusieurs jours pourraient être nécessaires pour en établir le bilan définitif et les circonstances exactes, a déclaré hier le capitaine Phil Ludvigson, porte-parole militaire. «Il faut mener des expertises fastidieuses. Cela pourrait prendre quelques jours, a dit Ludvigson. Cela a pu être causé par des missiles, des obus de mortier ou tout un tas d'autres choses.»

À Mossoul régnait un climat de peur. «Les élèves sont allés à l'école, mais on leur a dit de rentrer chez eux. Les gens qui allaient dans les magasins ont vu des soldats américains dans les rues et sont rentrés», indiquait un jeune concessionnaire automobile, Ahmed, en refusant d'indiquer son nom de famille. «Tout est fermé», déclarait un autre habitant, ajoutant que les mosquées et les marchés étaient presque vides.

Selon des témoins, des unités américaines appuyées par des gardes nationaux irakiens ont bouclé des quartiers de l'ouest et de sud-est de Mossoul pour y perquisitionner. «Ils quadrillent des secteurs connus comme des points chauds», a dit un habitant de l'ouest de la ville.

Le président George Bush a adressé ses condoléances aux familles des victimes de l'attaque. Il a déclaré que l'engagement en Irak constitue «une mission vitale pour la paix» même si, d'après les sondages, un nombre croissant d'Américains estiment que cette guerre n'en vaut pas la peine.

Le revers américain de mardi fait mesurer la menace persistante que représente la guérilla six semaines après l'offensive contre la ville de Fallouja et à l'approche des élections irakiennes nationales du 30 janvier.

Mossoul, ville du nord ethniquement mixte où se côtoient Arabes et Kurdes, a basculé dans le chaos ces derniers mois, surtout depuis que les insurgés y ont frappé la police formée par les Américains, à la mi-novembre, alors que l'US Army était occupée par l'offensive sur Fallouja.

Au cours des deux derniers mois, près de 200 personnes, irakiennes pour la plupart, ont été retrouvées mortes dans cette ville de deux millions d'habitants. Les commandants américains soupçonnent l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui d'avoir fui Fallouja pour Mossoul.

Hier, un attentat à la voiture piégée a été perpétré en début de soirée dans la ville de Mahmoudiya, à 30 kilomètres au sud de Bagdad, faisant de nombreux tués et blessés, a annoncé le directeur de l'hôpital local. Il a été incapable de préciser le nombre des victimes, ajoutant que de nombreux blessés avaient été transportés dans des hôpitaux de Bagdad.

Des habitants ont indiqué qu'une explosion très violente a secoué vers 18h30 le quartier Husseiniyah, dans le centre de la ville, où il y a de nombreux magasins et habitations.