Le premier ministre britannique a rencontré Sharon et Abbas - Blair s'engage sur le Proche-Orient

Le premier ministre britannique Tony Blair en compagnie du premier ministre palestinien Ahmed Qoreï.
Photo: Agence Reuters Le premier ministre britannique Tony Blair en compagnie du premier ministre palestinien Ahmed Qoreï.

Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé hier la tenue en mars, à Londres, d'une conférence d'aide aux Palestiniens en vue d'une relance du processus de paix, lors d'une visite en Israël et à Ramallah, où il s'est recueilli sur la tombe de Yasser Arafat.

M. Blair a dévoilé son plan de convoquer la conférence à Londres à l'issue d'un entretien avec son homologue israélien Ariel Sharon à Jérusalem, précisant que l'objectif de ce forum était d'aider les Palestiniens à devenir «de véritables partenaires pour la paix» en se dotant d'institutions démocratiques.

Sans un véritable partenaire doté d'institutions démocratiques, d'une économie et de services de sécurité efficaces [...], il ne sera pas possible de revenir à la Feuille de route», le dernier plan international, a-t-il ajouté.

Le chef de l'OLP, Mahmoud Abbas, après avoir reçu M. Blair à Ramallah, en Cisjordanie, s'est félicité de la conférence envisagée, estimant qu'elle consoliderait un processus de paix aujourd'hui totalement dans l'impasse. «Nous avons confiance dans le fait que cette conférence sera le premier pas dans notre quête commune pour consolider les bases de la paix, a-t-il déclaré. Nous pensons que cette conférence offrira une occasion importante d'appuyer les efforts de l'Autorité palestinienne dans les domaines des réformes, de la sécurité, de l'économie, et le progrès vers l'application de la Feuille de route.»

La Feuille de route est un plan de paix international qui prévoit la création en 2005 d'un État palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il est resté lettre morte depuis son lancement, en juin 2003.

Dans un communiqué conjoint publié à l'issue des discussions, Londres et l'Autorité palestinienne ont annoncé que la conférence, à laquelle Israël ne participera pas, aurait lieu début mars.

Selon l'entourage de M. Blair, le future secrétaire d'État américain Condoleezza Rice devrait notamment prendre part à cette conférence.

M. Blair a estimé à Ramallah que ce forum aiderait les Palestiniens à mettre en place les institutions dont ils auront besoin le jour où il accéderont à l'indépendance.

À Jérusalem, M. Blair a estimé que tout progrès dans le processus de paix était lié à «une cessation du terrorisme». «L'absence de terrorisme permettra de créer les conditions nécessaires en vue d'un règlement négocié.»

Après une rencontre avec le premier ministre britannique, qui a fait de cette reprise une priorité diplomatique, le chef du gouvernement israélien a confirmé être réticent aux conférences internationales en général, qui riment essentiellement pour lui à faire pression sur l'État juif pour qu'il se retire de tous les territoires occupés en 1967.

Mais il a souligné qu'il approuvait les objectifs de la réunion tels que Blair les lui avait exposés, à savoir favoriser l'émergence d'une direction palestinienne modérée et soutenir les réformes palestiniennes afin de reprendre à terme les négociations de paix.

M. Sharon a lui aussi exigé un «arrêt total du terrorisme» pour pouvoir appliquer la Feuille de route et réaffirmé sa détermination à mettre en oeuvre son plan de désengagement prévoyant que l'armée israélienne se retire de la bande de Gaza en 2005 après avoir démantelé les 21 colonies juives construites sur ce territoire ainsi que quatre autres implantations isolées du nord de la Cisjordanie.

La direction palestinienne au complet a accueilli M. Blair, premier dirigeant occidental de ce rang à se rendre à Ramallah depuis la mort d'Arafat.