L'ONU crée une zone tampon en RDC

Goma — Des hélicoptères et des véhicules blindés de transport de troupes de l'ONU ont fait route hier vers l'est de la République démocratique du Congo afin de contrer l'avancée des factions dissidentes de l'armée congolaise après plus d'une semaine de combats.

La mission des Nations unies au Congo (MONUC) a annoncé la création d'une zone tampon entre les villes de Kanyabayonga et de Lubero pour empêcher tout affrontement entre les ex-rebelles, censés être intégrés à la nouvelle armée congolaise, et les militaires restés fidèles au gouvernement.

Toute tentative de violation de cet espace sera réprimée, prévient l'ONU dans un communiqué. «Les hélicoptères volent et ont ordre de tirer sur tout insurgé progressant vers Lubero», a déclaré un responsable de l'ONU en RDC.

Un autre onusien a ajouté qu'une compagnie de soldats de la paix sud-africains, forte d'une centaine d'hommes, serait déployée à Kanyabayonga, théâtre de nombreux combats au cours de la semaine écoulée. Une autre compagnie va être déplacée d'Ituri, province du nord du pays, vers Lubero, à environ 70 kilomètres au nord de Kanyabayonga.

«La création de cette zone tampon vise à empêcher une reprise des combats et à permettre l'acheminement d'aide humanitaire aux civils déplacés», précise le communiqué de la MONUC. Quelque 200 000 personnes pourraient avoir fui leur domicile depuis la reprise des hostilités même si certains habitants ont commencé à rentrer chez eux, selon l'ONU.

Les combats ont éclaté début décembre entre des éléments de l'armée congolaise envoyés en renfort dans l'est et des unités dissidentes du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), groupe armé soutenu par le Rwanda pendant la guerre civile congolaise et censé s'être intégré depuis dans les rangs de l'armée nationale.

Le gouvernement congolais accuse le Rwanda d'avoir envoyé des troupes en renfort des ex-rebelles, ce que dément Kigali. L'armée rwandaise a cependant menacé fin novembre d'effectuer des incursions en territoire congolais afin de traquer les extrémistes hutus ayant fui le Rwanda après avoir participé au génocide de 1994.

À la suite de ces menaces, l'ONU s'est dit convaincue que des soldats étrangers avaient pénétré en RDC et que les rebelles recevaient des armes et du soutien logistique en provenance de l'étranger.

La reprise des hostilités dans l'est de la RDC, près de la frontière avec le Rwanda, a réveillé les craintes de la communauté internationale sur une nouvelle guerre dans la région des Grands Lacs, où les violences, la faim et les maladies ont fait au moins quatre millions de morts en dix ans.

Depuis la fin de la guerre civile en RDC, dans laquelle plusieurs pays de la région se sont impliqués, le gouvernement de transition et la nouvelle armée congolaise, composée d'anciens belligérants, peinent à maintenir l'ordre dans l'est du pays, riche en minerais.