Premier procès pour crime de guerre lié à l’invasion russe en Ukraine

La Russie a été accusée à maintes reprises par Kiev et par Washington de commettre des crimes de guerre en Ukraine depuis le début de son offensive.
Yasuyoshi Chiba Agence France-Presse La Russie a été accusée à maintes reprises par Kiev et par Washington de commettre des crimes de guerre en Ukraine depuis le début de son offensive.

Un soldat russe de 21 ans va être jugé pour crime de guerre en Ukraine, ce qui sera le premier procès avec ce chef d’accusation dans le pays envahi par la Russie le 24 février, a annoncé mercredi la procureure générale de Kiev.

Vadim Shishimarin est accusé d’avoir tiré avec une kalachnikov par la fenêtre à bord d’une voiture dans laquelle il circulait, abattant un civil de 62 ans qui n’était pas armé, a expliqué le bureau de la procureure Iryna Venediktova dans un communiqué, soulignant qu’il avait agi pour empêcher l’homme de témoigner dans une affaire de vol de voiture.

Le soldat accusé se déplaçait avec quatre autres soldats russes après l’attaque de leur convoi le 28 février et ils ont volé une voiture près du village de Chupakhivka, a poursuivi le communiqué, expliquant que le civil — qui n’a pas été identifié — circulait à bicyclette sur le bord de la route non loin de son domicile lorsque le vol s’est produit.

« L’un des soldats a ordonné à l’accusé de tuer un civil afin qu’il ne les dénonce pas », a relevé la justice. « L’homme est mort sur place, à quelques dizaines de mètres seulement de chez lui ».

Vadim Shishimarin, placé en détention, risque un emprisonnement à vie s’il est reconnu coupable de crime de guerre et de meurtre avec préméditation.

Le bureau du procureur a rendu publique une photo de l’accusé mais n’a pas indiqué les circonstances ayant conduit à son arrestation, ni ce qu’il était advenu des autres soldats présents au moment des faits présumés.

La Russie a été accusée à maintes reprises par Kiev et par Washington de commettre des crimes de guerre en Ukraine depuis le début de son offensive, qui a entraîné le déplacement en interne et vers l’étranger de près de six millions de civils qui, pour beaucoup, racontent des faits de tortures, d’agressions sexuelles et de destructions sans discernement.

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont envoyé des enquêteurs spécialistes des crimes de guerre pour prêter main-forte aux équipes locales et de la Cour pénale internationale à la recherche de possibles crimes de masse, y compris dans la ville de Boutcha près de Kiev où au moins vingt corps ont été découverts le 2 avril.

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