L’armée russe et les forces prorusses lancent une offensive sur l’usine Azovstal

Deux femmes ont été tuées et une dizaine d’autres civils ont été blessés dans les bombardements qui ont précédé l’assaut sur Azovstal, a annoncé Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment ukrainien Azov.
Photo: Alexei Alexandrov Associated Press Deux femmes ont été tuées et une dizaine d’autres civils ont été blessés dans les bombardements qui ont précédé l’assaut sur Azovstal, a annoncé Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment ukrainien Azov.

La Russie a lancé mardi pour la première fois un assaut avec chars et infanterie sur l’aciérie d’Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne dans le port stratégique de Marioupol, au moment où l’ONU annonçait avoir réussi à évacuer des civils des lieux.

« Un puissant assaut sur le territoire d’Azovstal est en cours, avec le soutien de véhicules blindés, de chars, avec des tentatives de débarquement de troupes, avec l’aide de bateaux et d’un grand nombre d’éléments d’infanterie », a affirmé Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment ukrainien Azov, dans un message vidéo sur Telegram.

Peu avant, le ministère russe de la Défense avait annoncé qu’avions et artillerie de l’armée russe et de la « République populaire » prorusse de Donetsk commençaient à « détruire » les « positions de tir » ukrainiennes.

Il a accusé le régiment Azov, qui défend l’usine, d’avoir profité du cessez-le-feu décrété pour l’évacuation des civils pour sortir des sous-sols de l’aciérie et se positionner « sur le territoire et dans les bâtiments de l’usine ».

Un puissant assaut sur le territoire d’Azovstal est en cours, avec le soutien de véhicules blindés, de chars, avec des tentatives de débarquement de troupes, avec l’aide de bateaux et d’un grand nombre d’éléments d’infanterie

 

Deux femmes ont été tuées et une dizaine d’autres civils ont été blessés dans les bombardements qui ont précédé l’assaut sur Azovstal, a précisé M. Palamar dans son message vidéo, indiquant que d’autres civils se trouvaient toujours sur les lieux.

Centrales électriques touchées

 

Plusieurs villes ukrainiennes ont été visées mardi soir par des tirs de missiles russes, qui ont notamment détruit trois centrales électriques à Lviv, selon le maire de cette grande ville de l’ouest du pays désormais partiellement privée d’électricité.

« Trois centrales électriques ont été endommagées à la suite d’une frappe de missiles », a indiqué le maire, Andriï Sadovy, sur la messagerie Telegram, ajoutant que des stations de pompage étaient privées d’électricité en raison des dégâts.

Des bombardements ont en outre été signalés par les autorités locales dans les régions de Vinnytsia (centre), d’Odessa (sud-ouest) et de Kirovograd (centre), sans indication sur les dégâts. La région de la Transcarpathie, frontalière de la Hongrie, dans l’ouest de l’Ukraine, et jusque-là épargnée, a été touchée pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.

« Nous avions perdu espoir »

Mardi matin, la présidence ukrainienne a annoncé poursuivre ses efforts, avec l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge, pour évacuer les civils restés à Azovstal, au nombre de 200, selon le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko.

La fin de semaine dernière, pour la première fois en deux mois de siège et de bombardements, une centaine de civils terrés dans les caves de l’immense aciérie ont pu être évacués. Une partie d’entre eux est arrivée mardi à Zaporijjia, ville sous contrôle ukrainien située à 230 km au nord-ouest de Marioupol.

« Je suis heureuse et soulagée de confirmer que 101 civils ont été évacués avec succès de l’usine métallurgique Azovstal, à Marioupol », a annoncé mardi la coordonnatrice humanitaire des Nations unies pour l’Ukraine, Osnat Lubrani, par voie de communiqué.

« Nous sommes tellement reconnaissants à tous ceux qui nous ont aidés. Il y a eu un moment où nous avions perdu espoir, nous pensions que tout le monde nous avait oubliés », a déclaré à son arrivée l’une des évacuées, Anna Zaïtseva, un bébé de six mois dans les bras.

« Heure de gloire »

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, premier dirigeant occidental à s’adresser au Parlement ukrainien depuis le début du conflit, a promis à Kiev une aide militaire supplémentaire de 355 millions d’euros (presque 480 millions de dollars canadiens).

« C’est l’heure de gloire de l’Ukraine, dont on se souviendra et qu’on racontera pendant des générations », a dit Boris Johnson, faisant allusion au célèbre discours prononcé par Winston Churchill le 18 juin 1940.

Cette nouvelle aide inclut « des radars pour localiser l’artillerie qui bombarde vos villes, des drones de transport lourd pour approvisionner vos forces, et des milliers d’appareils de vision nocturne », a-t-il précisé.

L’annonce britannique est intervenue alors que le président Poutine appelait l’Occident à cesser de fournir des armes à l’Ukraine.

Référendums en vue dans l’est

Les Européens travaillent de leur côté à durcir leurs sanctions économiques contre Moscou. La Commission européenne a mis la touche finale à sa proposition de sixième paquet de sanctions visant à tarir le financement russe de la guerre en Ukraine.

Elle prévoit un arrêt progressif des achats européens de pétrole russe sur une période de six à huit mois, avec une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie. Ces deux pays enclavés totalement dépendants des livraisons passant par l’oléoduc Droujba pourront donc continuer leurs achats à la Russie jusqu’en 2023, a précisé un responsable européen.

L’approche du 9 mai, date à laquelle la Russie célèbre sa victoire sur l’Allemagne nazie, obtenue en 1945, alimente les spéculations sur la façon dont Moscou pourrait annoncer des gains en Ukraine.

Selon les renseignements militaires ukrainiens, « la Russie examine la possibilité de rattacher les territoires envahis du sud de l’Ukraine à la Crimée occupée et de les intégrer dans l’espace économique russe ». « Le régime d’occupation russe tente de convaincre la population locale que [la Russie] a établi de façon définitive son contrôle sur les territoires occupés », indiquent-ils.

À Washington, l’ambassadeur américain auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Michael Carpenter, avait fait état lundi d’informations « très crédibles » selon lesquelles la Russie entend organiser « vers la mi-mai » des référendums pour « tenter d’annexer » les « républiques » séparatistes prorusses de Donetsk et de Louhansk, situées dans le Donbass (est de l’Ukraine).



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