Le pape exige plus de transparence de l’Église face aux crimes sexuels

«Sans ces progrès, les fidèles continueront à perdre confiance en leurs pasteurs, et la prédication et le témoignage de l’Évangile deviendront de plus en plus difficiles», a averti le pape François.
Andrew Medichini The Associated Press «Sans ces progrès, les fidèles continueront à perdre confiance en leurs pasteurs, et la prédication et le témoignage de l’Évangile deviendront de plus en plus difficiles», a averti le pape François.

Le pape François a confié vendredi un nouveau mandat à la commission consultative sur les agressions sexuelles, demandant à ses membres de travailler avec les évêques du monde entier pour créer des centres d’accueil spéciaux pour les victimes et d’évaluer les progrès de l’Église.

Le pape a averti que si l’Église ne fait pas preuve de plus de transparence et de responsabilité, les fidèles continueront à perdre confiance dans la hiérarchie catholique, après des décennies de révélations sur des prêtres qui ont violé et agressé des enfants — et des évêques et supérieurs qui ont dissimulé ces crimes.

François a publié les nouvelles règles lors d’une réunion avec la Commission pontificale pour la protection des mineurs, l’organe ad hoc qu’il a créé en 2013 pour conseiller l’Église.

« Le témoignage des survivants représente une plaie ouverte sur le corps du Christ, qui est l’Église », leur a dit le pape.

Même si la création de cette commission avait été annoncée en grande pompe, son mandat limité a frustré les survivants, son statut d’étranger au Vatican a généré une résistance et l’une de ses plus grandes recommandations initiales — un tribunal spécial du Vatican pour poursuivre les évêques qui ont couvert les pédophiles — n’est allée nulle part.

Mais François a cherché à insuffler une nouvelle vie à la commission. Dans sa récente réforme de la bureaucratie au Vatican, il lui a donné un plus grand poids institutionnel en l’intégrant à la nouvelle Congrégation pour la doctrine de la foi, le bureau du Vatican qui traite notamment les cas d’agressions sexuelles du clergé dans le monde.

Dans son discours à ses membres, vendredi, François a déclaré qu’il avait décidé d’ancrer la Commission pontificale pour la protection des mineurs dans le gouvernement central de l’Église, pour l’empêcher d’être une « commission satellite ».

Il leur a assuré qu’il n’essayait pas de restreindre leur liberté ou de limiter leur mandat, bien au contraire : il a souligné que la direction de la commission continuerait de lui rendre compte directement et de jouir d’une totale indépendance.

« Il est de votre responsabilité d’élargir la portée de cette mission de telle sorte que la protection et les soins de ceux qui ont subi des abus puissent devenir la norme dans tous les secteurs de la vie de l’Église », a déclaré le pape.

L’un des nouveaux mandats de la commission est d’aider les conférences épiscopales à établir des centres d’accueil des survivants, où les victimes peuvent trouver la guérison et la justice. Cela pourrait aider à répondre à une plainte de longue date des survivants qui rapportent souvent des expériences négatives avec la hiérarchie de l’Église lorsqu’ils signalent un agresseur du clergé.

« Tant de survivants à travers le monde demandent : ’‘Où est mon cas ? Que se passe-t-il (avec ma plainte) ?’’», a déclaré Juan Carlos Cruz, membre de la commission et survivant chilien des abus. Il a déclaré que le « trou noir » où les cas canoniques restent dans les limbes pendant des années sans aucune information sur leur statut « peut être incroyablement traumatisant » pour les survivants.

Le pape François a également demandé à la commission de mener un audit annuel de ce qui est fait dans le monde par la hiérarchie catholique et de ce qui doit changer pour mieux protéger les enfants et les adultes vulnérables contre les agressions.

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