Le Congo en état d'alerte

Troupes congolaises à pied d’oeuvre à Goma.
Photo: Agence Reuters Troupes congolaises à pied d’oeuvre à Goma.

New York — Malgré le démenti du Rwanda, le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, le Français Jean-Marie Guéhenno, a fait état hier soir de preuves concluantes sur une incursion militaire en territoire congolais.

Intervenant devant les 15 membres du Conseil de sécurité réunis en séance extraordinaire à New York, il a déclaré que des Casques bleus avaient aperçu sur le territoire de la République démocratique du Congo des militaires dont les armes semblaient indiquer qu'ils venaient du Rwanda voisin, ont rapporté des diplomates.

À Kinshasa, le président congolais Joseph Kabila a accusé Kigali de prétexter la présence de groupes armés dans l'est de la RDC pour se lancer dans «une aventure criminelle». Depuis le début, les autorités rwandaises ont eu pour desseins politiques d'assurer leur domination, voire l'occupation, a-t-il dit dans un discours à la télévision d'État.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont en état d'alerte et ses unités sont en cours de déploiement dans les régions de l'est du pays, a en outre déclaré le président congolais, qui s'exprimait officiellement pour la première fois depuis le début de cette nouvelle crise.

Force de paix

L'ONU affirme que sa force de paix peut aider au désarmement des rebelles hutus présents en RDC et que le Rwanda considère comme une menace pour sa stabilité. Le Conseil de sécurité a annoncé son intention d'adopter un communiqué condamnant fermement le Rwanda pour toute opération militaire chez son voisin et invitant la RDC à accélérer le processus de désarmement des rebelles rwandais sur son sol.

Des diplomates en poste à Kigali disent également avoir été informés par des responsables rwandais de la présence de forces rwandaises dans l'ex-Zaïre.

Le président rwandais Paul Kagamé a écrit au Conseil de sécurité et à l'Union africaine pour les informer d'un projet d'intervention militaire contre les combattants hutus basés en RDC et dont certains ont pris part au génocide de 1994 au Rwanda.

Richard Sezibera, conseiller de Kagamé sur la RDC, a pour sa part démenti toute incursion du Rwanda au Congo: «Toutes les allégations sur la présence de troupes rwandaises en RDC sont fausses.» Un démenti qui n'a pas convaincu le gouvernement de Kinshasa.