La théorie selon laquelle la COVID-19 provient d’un laboratoire américain en Ukraine fait le tour du Web chinois

Sur le pendant chinois de Twitter, Weibo, un fil de discussion portant sur cet article fallacieux est devenu viral: il a été consulté par plus d’un 1,67 milliard d’utilisateurs et a généré 292 000 commentaires.
Photo: Capture d'écran du site du «Global Times» Sur le pendant chinois de Twitter, Weibo, un fil de discussion portant sur cet article fallacieux est devenu viral: il a été consulté par plus d’un 1,67 milliard d’utilisateurs et a généré 292 000 commentaires.

Les plateformes de réseaux sociaux chinoises se sont enflammées alors qu’il y circulait une conspiration clamant que la COVID-19 aurait été fabriquée par un laboratoire américain en Ukraine.

L’origine de cette fausse nouvelle provient d’un article publié mercredi par le Global Times, un tabloïd relevant du Parti communiste chinois, intitulé « Des recherches britanniques révèlent que la COVID a été manufacturée par une compagnie américaine ».

Sur le pendant chinois de Twitter, Weibo, un fil de discussion portant sur l’article est devenu viral : il a été consulté par plus de 1,67 milliard d’utilisateurs et a généré 292 000 commentaires.

L’article du Global Times postule que le journal se situe « un peu plus près de la vérité » concernant les origines de la maladie à coronavirus. Selon ses dires, l’armée russe aurait « de nombreuses preuves en Ukraine » montrant que des laboratoires affiliés aux États-Unis produiraient des armes biologiques.

« Parmi [les 36 laboratoires en question], il a également été constaté que les États-Unis utilisent des chauves-souris pour étudier les coronavirus et ont produit des composants pour des armes biologiques », écrit le Global Times.

Repris par 45 autres médias chinois, l’article du Global Times ne fournit aucun document ou aucune preuve visuelle pour appuyer ses révélations.

Sur Weibo, nombre d’utilisateurs ont exprimé leur indignation envers les États-Unis, réclamant une enquête et exigeant que ses dirigeants soient exécutés.

Si l’origine de ces rumeurs colportées par le tabloïd chinois demeure floue, elles semblent prendre leur source depuis Infowars. Ce site de conspiration américain a avancé au début du mois que le dirigeant russe, Vladimir Poutine, attaquerait des villes ukrainiennes où se trouvent des laboratoires américains produisant des armes biologiques. Cette fausse information a été reprise par des médias russes et chinois.

La présence de tels laboratoires en sol ukrainien a toutefois été démentie par deux sites américains de vérification des faits, Politifact et FactCheck.org.

Depuis 2005, les États-Unis ont une entente avec le ministère de la Santé ukrainien : ils lui fournissent du matériel technique visant à améliorer le réseau de laboratoires en santé publique du pays et sa sécurité. Des utilisateurs des réseaux sociaux ont déformé les objectifs de cette entente, relevant du U.S. Biological Threat Reduction Program, en prétendant qu’elle servait à financer des laboratoires qui produiraient des armes biologiques.

Origine animale

 

De fausses nouvelles portant sur l’origine de la COVID-19 pullulent sur les réseaux sociaux depuis la première détection du virus à Wuhan, une ville chinoise, en 2019.

L’hypothèse de l’origine animale de la COVID-19 ne fait désormais presque plus de doute : deux études révèlent que c’est une zoonose au marché d’animaux vivants de Wuhan, en Chine, qui a déclenché la pandémie qui a infecté à ce jour plus de 477 millions de personnes.

Si plusieurs ont pensé que la mise en circulation de la COVID-19 résulte d’une fuite de laboratoire, la probabilité mathématique que ce marché ne soit pas la réelle source du virus est de 1 sur 10 millions, selon le chercheur Michael Worobey.

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