Cinq clés pour comprendre le conflit en Ukraine aujourd’hui

«Il y a eu trois frappes aériennes sur la ville [de Dnipro], sur un jardin d’enfants, un immeuble d’habitations et une usine de chaussures […] où un incendie s’est ensuite déclaré» (sur la photo), ont raconté les services d’urgence ukrainiens.
Photo: Emre Caylak Agence France-Presse «Il y a eu trois frappes aériennes sur la ville [de Dnipro], sur un jardin d’enfants, un immeuble d’habitations et une usine de chaussures […] où un incendie s’est ensuite déclaré» (sur la photo), ont raconté les services d’urgence ukrainiens.

Dans les derniers jours, de nombreux Ukrainiens fuyant les bombardements et les attaques de l’armée russe se sont réfugiés dans la ville industrielle de Dnipro, dans le centre du pays, que ce conflit avait jusqu’alors épargnée. Trois frappes aériennes se sont toutefois abattues vendredi « sur un jardin d’enfants, un immeuble d’habitations et une usine de chaussures » de la ville, ont affirmé les services d’urgence ukrainiens, qui ont fait état d’au moins un mort dans ces raids aériens.

La Russie a également mené vendredi des attaques contre l’aéroport de la ville de Loutsk, tandis que d’autres secteurs de l’ouest de l’Ukraine, qui avaient été épargnés jusqu’à maintenant, ont été la proie des bombes et des attaques russes vendredi.

« La Russie progresse tranquillement, mais probablement plus lentement que ce qu’auraient voulu les autorités russes », explique au Devoir le vice-recteur associé à la recherche au Collège militaire royal du Canada, Pierre Jolicœur. Ce dernier constate également que la Russie mise principalement sur « des milieux urbains » dans son invasion de l’Ukraine, ce qui augmente le risque que des « bavures » et des « crimes de guerre » soient commis à l’endroit de civils.

Les Russes continuent parallèlement leur manœuvre d’encerclement de Kiev. Après avoir atteint ses faubourgs, ils cherchent à éliminer les défenses dans plusieurs localités à l’ouest et au nord de la capitale pour la « bloquer », a déclaré l’état-major ukrainien.

« Kiev est un symbole de la résistance » qui se prépare à une « défense acharnée », a proclamé dans une vidéo Mykhailo Podolyak, un conseiller du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Près de 20 000 personnes ont été évacuées de la capitale et de ses environs mercredi et jeudi. Durant ces deux jours, quelque 100 000 personnes au total sont parties de l’ensemble des zones en proie aux combats en Ukraine.

Un bilan qui s’alourdit

Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), au moins 564 civils ont été tués en Ukraine depuis le début de ce conflit, tandis que 982 autres ont été blessés. L’organisme reconnaît toutefois que son bilan n’est que partiel, puisqu’il est difficile de recueillir de telles informations sur le terrain actuellement.

À Marioupol, où des bombardements ont détruit un hôpital pédiatrique et des bâtiments résidentiels dans les derniers jours, le conseil municipal a affirmé vendredi avoir recensé jusqu’à maintenant 1582 civils qui auraient « été tués par les forces d’occupation russes » depuis le début du « blocus » dans cette ville du sud du pays, qui vit aussi une crise alimentaire sans précédent.

Un établissement pour personnes handicapées près de Kharkiv, la deuxième ville du pays, a par ailleurs été touché vendredi, tandis que des bombardements se poursuivaient dans la ville de Mykolaïv, à l’ouest de Marioupol.

Jusqu’à maintenant, plus de 2,5 millions de réfugiés ukrainiens ont fui l’invasion russe en se rendant dans des pays voisins, notamment en Pologne.

Un isolement économique

 

Les États-Unis ont suivi le Canada vendredi en retirant à la Russie le statut de « nation la plus favorisée », en tant que partenaire commercial membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ouvrant ainsi la voie à l’imposition de tarifs douaniers élevés. Le président Joe Biden a d’ailleurs décrété l’interdiction d’importations dans des « secteurs phares de l’économie russe », comme « les produits de la mer, la vodka et les diamants ».

« Il faut maintenant voir si les autres pays de l’OMC vont emboîter le pas », relève M. Jolicœur. Le cas échéant, « la Russie serait plus isolée que jamais sur le plan économique », ajoute-t-il.

L’Union européenne a pour sa part banni vendredi les exportations d’objets de luxe vers la Russie, tout en brandissant la menace de sanctions plus sévères — comme une diminution des importations de pétrole et de gaz russes — si le conflit en Ukraine devait continuer de prendre de l’ampleur.

Des combattants étrangers

 

Des milliers de combattants étrangers se sont rendus en Ukraine au cours des derniers jours pour prendre part à la résistance en place contre l’invasion russe dans ce pays, dont des Canadiens et des Américains. Une situation qui a soulevé vendredi l’inquiétude du porte-parole du département d’État américain, Ned Price.

« Les citoyens américains qui se rendent en Ukraine, particulièrement pour se battre auprès des Ukrainiens, font face à des risques importants, notamment des risques réels d’enlèvement ou de mort », les a-t-il prévenus lors d’une mêlée de presse. Le Kremlin a pour sa part déclaré vendredi qu’il envisageait d’envoyer des volontaires syriens se battre en Ukraine.

« Si cela s’avérait, ça représenterait une escalade encore plus grande dans l’agression brutale et préméditée par la Russie qu’est la guerre contre l’Ukraine », a poursuivi M. Price à ce sujet.

La menace des armes chimiques

 

La Russie a accusé Washington et Kiev de produire des armes biologiques dans des laboratoires ukrainiens, une affirmation qui a été vivement contredite par les États-Unis vendredi dans le cadre d’une rencontre du Conseil de sécurité de l’ONU. Le président américain, Joe Biden, a d’ailleurs déclaré vendredi que la Russie « paiera le prix fort si elle utilise des armes chimiques » en Ukraine.

Avec l'Agence France-Presse



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