Ottawa sanctionne 10 «complices» de l’invasion de l’Ukraine

Le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à Londres, aux côtés du premier ministre britannique, Boris Johnson, et de leur homologue néerlandais, Mark Rutte
Photo: Alberto Pezzali Pool Associated Press Le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à Londres, aux côtés du premier ministre britannique, Boris Johnson, et de leur homologue néerlandais, Mark Rutte

Le Canada sanctionnera dix « complices » de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau au premier jour d’un voyage en Europe.

Il s’agit de hauts fonctionnaires russes anciens et actuels, d’oligarques et de proches collaborateurs du régime.

Parmi eux se trouvent : le ministre de la Santé, Mikhail Murashko ; le ministre de l’Agriculture, Dmitry Patrushev ; le présentateur de télévision Vladimir Solovyov ; la rédactrice en chef Margarita Simonyan ; l’homme d’affaires milliardaire Oleg Deripaska ; l’ancien ministre de la Justice Pavel Krasheninnikov ; le grand patron de la télévision publique russe, Konstantin Ernst ; ainsi que le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov.

Leurs noms proviennent d’une liste dressée par le leader de l’opposition russe emprisonné Alexeï Navalny, a précisé M. Trudeau lors d’une conférence de presse à Londres aux côtés du premier ministre britannique, Boris Johnson, et de leur homologue néerlandais, Mark Rutte.

« Ces sanctions ont pour objectif d’augmenter la pression sur les autorités russes, y compris sur le cercle rapproché de Vladimir Poutine, a déclaré M. Trudeau. Le travail que nous accomplissons ensemble est de punir Poutine et ses facilitateurs là où ça fait le plus mal, notamment en paralysant leur système financier et en sanctionnant leur banque centrale. »

Le Canada et les pays de l’OTAN multiplient les sanctions financières contre la Russie depuis que le président, Vladimir Poutine, a décidé d’envahir l’Ukraine.

Questionné sur leur efficacité, M. Trudeau a répondu qu’il y a « à peine une semaine », bon nombre de pays ne croyaient même pas qu’il soit dans les plans d’exclure les banques russes du système SWIFT et de s’attaquer à la capacité de la banque centrale russe de puiser dans ses réserves. « Et pourtant, de voir à quel point les démocraties du monde entier ont résisté et répondu, je pense que c’est une surprise pour Poutine, et peut-être un peu une surprise pour nous tous aussi, que nous puissions réellement résister et pousser très fort pour les principes qui nous animent », a-t-il noté.

Le premier ministre néerlandais a, pour sa part, reconnu que « les sanctions, jusqu’à présent, n’ont pas eu l’effet désiré […] de faire cesser l’invasion », mais a assuré qu’elles auront un impact à long terme.

Dans une déclaration trilatérale, les dirigeants du Canada, du Royaume-Uni et des Pays-Bas exhortent la Russie à respecter le droit international humanitaire et les lois sur les droits de la personne. Ils demandent également à Moscou d’« appliquer immédiatement un cessez-le-feu pour permettre le passage des civils en toute sécurité ainsi que l’approvisionnement en nourriture et en médicaments ».

Dépenses militaires

 

Le fédéral envisage aussi d’augmenter le financement consacré à la Défense nationale, a indiqué M. Trudeau, notant que cela pourrait se faire dès le « budget qui s’en vient ».

« On regarde attentivement les besoins et la réalité de la situation, a-t-il dit. Nous sommes en réflexion sur les investissements qu’on doit faire, mais on reconnaît à quel point il est important de s’assurer que nos forces armées ont les outils nécessaires pour protéger le Canada et participer pleinement aux missions de l’OTAN. »

La Défense nationale a mentionné dans un récent rapport qu’elle prévoit que les dépenses militaires totales augmenteront à 1,57 % du PIB d’ici 2024-2025, ce qui est inférieur à la cible de 2 % fixée par l’OTAN.

Questionné sur le sujet, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a dit vouloir éviter de commenter « l’approche du Canada ». Il a cependant rappelé au passage que son pays consacre 2,4 % de son PIB à la défense et que « le monde change ».

M. Trudeau a une fois de plus refusé de dire si le Canada était prêt à augmenter ses exportations de pétrole. « Nous allons devoir nous ajuster, nous assurer que nous sommes là les uns pour les autres », a-t-il répété.

Les Pays-Bas sont « encore très dépendants » du pétrole et du gaz russes, a dit plus tôt le premier ministre Rutte. Selon lui, il est essentiel de trouver des « approvisionnements de substitution provenant d’ailleurs », et cela doit se faire « ensemble à travers la coalition de pays qui sont en train de condamner les actions de Poutine ».

Le premier ministre Johnson a pour sa part mentionné que « tout le monde voit bien ce qui arrive avec le prix de l’essence » et qu’il veut faire tout son possible pour protéger les consommateurs. Le Royaume-Uni étudie la possibilité d’augmenter sa production d’hydrocarbures. M. Johnson a affirmé que, dans l’immédiat, le pays doit utiliser davantage d’énergie nucléaire et « beaucoup plus » d’énergie renouvelable.

Le premier ministre Trudeau a aussi rencontré lundi matin la reine Élisabeth II au Château de Windsor.

 

Il se réunira également dans les prochains jours avec d’autres dirigeants à Riga, en Lettonie, à Berlin, en Allemagne, et à Varsovie, en Pologne. L’ordre du jour chargé du premier ministre comprend également une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Avec des informations de Mike Blanchfield, à Londres



À voir en vidéo