Écrasement en Ukraine - Les pilotes sont incriminés

Lviv, Ukraine — Le responsable de la commission d'enquête sur la catastrophe de la rencontre aérienne de Lviv a accusé hier les deux pilotes du Soukhoï ukrainien d'avoir partiellement été à l'origine de la mort de 85 personnes en ignorant des ordres et en exécutant une manoeuvre dangereuse.

Evhen Martchouk, directeur du Conseil de défense et de sécurité nationale et responsable de cette commission d'enquête, a estimé que les pilotes avaient commis de graves erreurs lors du meeting aérien du 27 juillet.

«Une raison directe de l'accident du Soukhoï Su-27 a été la violation d'un ordre de vol, lorsqu'une manoeuvre, qui n'avait pas été autorisée, a été exécutée», a dit Martchouk, en présentant les résultats de l'enquête. «Mais cela ne signifie pas que les pilotes soient les seuls responsables de la tragédie.»

Parmi les facteurs à prendre en compte, il a cité l'étroitesse de la zone de vol et la décision de placer les spectateurs trop près de cette zone, en violation des règles de sécurité.

Un juge du tribunal militaire de Lviv a par la suite déclaré que l'adjoint de l'organisateur de l'événement avait été placé en détention. Il risque trois ans de prison s'il est reconnu coupable d'avoir violé certaines règles.

Martchouk a également mis en exergue le manque d'entraînement des pilotes, en précisant que l'un des deux hommes, Volodimir Toponar, avait demandé d'effectuer un vol supplémentaire avant le meeting aérien.

Les deux pilotes ont pu s'éjecter avant l'accident, qui est la plus grave catastrophe jamais connue lors d'un événement de ce type, et sont toujours hospitalisés.

Peu après l'accident, le président ukrainien Leonid Koutchma avait promis de punir les responsables et limogé le chef de l'armée de l'air ainsi que le chef d'état-major général des forces armées.

Le procureur général a également ordonné la mise aux arrêts de forteresse de quatre hauts responsables militaires, auteurs selon lui de «graves erreurs dans l'organisation, la préparation et la conduite des vols.»

Parmi eux, l'ancien commandant de l'armée de l'air Viktor Strelnikov et le commandant de la division qui a pris part au meeting ont été libérés faute de preuves, a rapporté hier Interfax-Ukraine.

De son côté, le ministère des Situations d'urgence a indiqué que 75 personnes, dont 22 enfants, étaient toujours hospitalisées.

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