Allègement de la présence de Tsahal - «Gaza d'abord» est accepté

Yasser Arafat, hier: moi ou le chaos...
Photo: Agence Reuters Yasser Arafat, hier: moi ou le chaos...

Alors même que Tsahal multiplie ses opérations ciblées contre des terroristes présumés dans les territoires, le cabinet palestinien a donné son feu vert hier à une proposition de retrait israélien de certains secteurs de Cisjordanie et de la bande de Gaza en échange de garanties de sécurité.

Ramallah — Le cabinet palestinien a approuvé hier un plan de retraits israéliens gradués mais le Hamas islamiste l'a rejeté, tandis que l'armée israélienne multipliait ses opérations, tuant cinq Palestiniens.

Des responsables de la sécurité des deux parties se sont retrouvés en soirée pour discuter de ce plan pour la bande de Gaza présenté lundi par le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben-Eliezer au ministre palestinien de l'Intérieur Abbdelrazak al-Yahya lors d'une rencontre à Jérusalem.

L'accord de principe donné par le cabinet palestinien à ce plan destiné à apaiser la tension a coïncidé avec l'arrivée aux États-Unis d'une délégation palestinienne pour des entretiens avec les responsables américains. L'un des délégués, Saëb Erakat, a estimé qu'il n'y avait pas d'alternative au président Yasser Arafat. «Nous savons tous que la seule alternative à Arafat, c'est le chaos», a déclaré M. Erakat, interrogé sur la volonté de l'administration américaine de voir partir le leader palestinien.

Selon le ministre palestinien des Travaux publics, Azzam al-Ahmad, «la direction palestinienne a décidé de donner son accord à ce plan, considérant qu'il constitue la première étape d'un retrait général des territoires réoccupés» depuis le début de l'intifada, fin septembre 2000. Le mouvement du Hamas, responsable de la plupart des derniers attentats anti-israéliens, s'est toutefois empressé de rejeter ce plan. «Tant que l'occupation se poursuivra, la résistance se poursuivra et tout cessez-le-feu est rejeté», a proclamé un dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniya, écartant cependant l'éventualité d'un conflit interpalestinien.

Le plan surnommé «Gaza d'abord» devrait être réalisé par étapes, à commencer par la région de Gaza puis par celle de Bethléem, selon les Palestiniens. Après une réduction des violences, l'armée se replierait progressivement sur les positions qu'elle occupait avant le début de l'intifada. En contrepartie, l'Autorité palestinienne serait chargée d'empêcher que des attaques anti-israéliennes soient lancées à partir de ces zones.

Entre-temps, l'armée israélienne a tué cinq Palestiniens dans différentes opérations et incursions en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le chef à Tulkarem des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa — un groupe lié au mouvement Fatah de M. Arafat —, Ziad Daas, ainsi que son adjoint, ont été tués, entraînant une menace du groupe de les venger par des attentats suicide.

Un civil a été tué dans un échange de tirs dans la même ville.

Le chef à Bethléem de ces Brigades, Yahia Dahamsa, a été arrêté par l'armée dans un bâtiment qui a été dynamité.

Dans la bande de Gaza, un activiste de la branche armée du Hamas a été tué par un tireur d'élite israélien, après avoir échappé en janvier à une attaque d'hélicoptères. Un policier a été également tué à l'aube lors d'une incursion israélienne à Beit Lahia.

Ces décès portent à 2428 le nombre de tués depuis le début de l'intifada, dont 1787 Palestiniens et 598 Israéliens. Craignant par ailleurs une infiltration de Palestiniens armés, les autorités israéliennes ont fermé un important axe routier le long de la frontière israélo-jordanienne, selon la radio publique israélienne.

Cinq «terroristes» se seraient approchés de la frontière, côté jordanien, et l'un d'eux aurait été arrêté par les militaires jordaniens, ont indiqué des sources militaires israéliennes.

À New York, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a nommé Catherine Bertini, ancienne directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), au poste d'envoyé personnel chargé d'évaluer la crise humanitaire dans les territoires palestiniens, où 800 000 personnes sont soumises à de sévères restrictions israéliennes. Mme Bertini doit se rendre dans la région dès la fin de cette semaine.