Ryad, ennemi de Washington?

Washington — L'Arabie Saoudite a été qualifiée d'«ennemie» des États-Unis lors d'une réunion d'information au Pentagone, où il a été recommandé d'adresser à ce pays un ultimatum afin qu'il cesse de soutenir le terrorisme, mais ces remarques ne reflètent pas la position officielle du département de la Défense, selon le Pentagone.

«Cela ne reflétait pas la position du gouvernement, cela ne représentait pas l'opinion du Defense Policy Board [DPB, organe consultatif]», a affirmé hier le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.

Au cours d'une réunion organisée le 10 juillet dernier par le DPB, un analyste de la Rand Corporation, Laurent Murawiec, avait déclaré que «les Saoudiens sont actifs à tous les niveaux de la chaîne terroriste, au niveau des cadres comme au niveau des militants de base, au niveau des idéologues comme au niveau des meneurs», écrivait le Washington Post hier.

Il avait encore affirmé: «L'Arabie Saoudite appuie nos ennemis et attaque nos alliés. L'Arabie Saoudite est la graine du terrorisme, le premier auteur, l'adversaire le plus dangereux» au Proche-Orient.

Selon M. Rumsfeld, Laurent Murawiec «a ses propres opinions et bien sûr chacun a le droit d'avoir ses propres opinions. Manifestement, quelqu'un a décidé que c'était une bonne idée de choisir une source de controverse potentielle et de la livrer à un journal, même s'il s'agissait d'une rencontre classée secrète et non publique», a-t-il ajouté.