Un ex-sénateur haïtien arrêté dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président

Plus de 40 personnes, dont une quinzaine de Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’enquête.
Photo: Valerie Baeriswyl Agence France Presse Plus de 40 personnes, dont une quinzaine de Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’enquête.

L’ancien sénateur haïtien John Joel Joseph, recherché par les autorités de Haïti dans l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, a été arrêté en Jamaïque, a-t-on appris samedi de source policière jamaïcaine.

Il a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi et se trouve actuellement en détention, a précisé cette source sans se prononcer sur la suite de la procédure.

Elle s’est bornée à expliquer que les forces de l’ordre jamaïcaines agissaient en coordination avec leurs « partenaires internationaux » et que des » enquêtes conjointes » étaient en cours.

La source n’a pas non plus voulu dire où exactement sur l’île des Caraïbes avait été arrêté l’ex-élu haïtien, ni s’il avait été interpellé en compagnie d’autres personnes.

Le président haïtien a été tué en juillet, mais malgré l’arrestation de plusieurs suspects, de nombreuses zones d’ombre persistent autour de son meurtre.

Dès juillet, les autorités haïtiennes avaient lancé un avis de recherche contre John Joel Joseph, décrit comme un individu « dangereux et armé ».

Au début du mois, Mario Palacios, un ancien militaire colombien accusé d’avoir fait partie du groupe d’une vingtaine d’hommes ayant tué Jovenel Moïse et grièvement blessé son épouse dans leur résidence présidentielle à Port-au-Prince, le 7 juillet 2021, a été inculpé aux États-Unis. Il avait aussi initialement été arrêté en Jamaïque avant d’accepter une « extradition volontaire » auprès la justice américaine, et encourt la réclusion à perpétuité.

Sous le coup d’une notice rouge d’Interpol pour « meurtre et complicité de meurtre », Mario Palacios avait été recruté en juin 2021 pour arrêter et enlever le président haïtien, selon la police fédérale américaine.

Le plan aurait ensuite changé et le groupe, sous la direction d’un homme identifié comme « co-conspirateur numéro 1”, aurait été chargé de tuer Jovenel Moïse.

Plus de 40 personnes, dont une quinzaine de Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, ont déjà été arrêtées dans le cadre de l’enquête.

Mais de nombreuses questions subsistent quant aux motivations autour de cet assassinat, qui a encore davantage plongé dans l’incertitude le pays des Caraïbes gangrené par la pauvreté, l’insécurité et la corruption.

L’enquête haïtienne n’a pas permis de déterminer l’identité des commanditaires.

Le Congrès américain a de son côté ordonné cette semaine l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat.

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