L’OTAN et la Russie se parlent mais ne s’entendent pas au sujet de l'Ukraine

À la frontière avec l’Ukraine, Moscou a déployé 100 000 militaires russes dans les dernières semaines, laissant présager la menace d’une invasion.
Photo: Anatolii Stepanov Agence France-Presse À la frontière avec l’Ukraine, Moscou a déployé 100 000 militaires russes dans les dernières semaines, laissant présager la menace d’une invasion.

Quatre heures de discussion et une impasse. Mercredi, le secrétaire général de l’OTAN a conclu que les différences de points de vue entre l’Alliance et la Russie sur l’Ukraine allaient « être difficiles à rapprocher ».

Dans la foulée, il a également appelé Moscou à une désescalade à sa frontière avec l’Ukraine, où le déploiement de 100 000 militaires russes, dans les dernières semaines, laisse toujours présager la menace d’une invasion de cette ex-république soviétique par Moscou.

« Le risque d’un nouveau conflit armé est bien réel », a résumé Jens Stoltenberg à l’issue d’une réunion tenue au siège de l’Alliance, à Bruxelles, avec Alexandre Grouchko, vice-ministre russe des Affaires étrangères. « La sortie de crise incombe à la Russie. Elle doit s’engager dans la désescalade. »

Et d’ajouter : « Nous avons proposé d’avoir un ensemble de réunions pour traiter d’un ensemble de questions, mais la Russie n’a pas été en mesure d’agréer cette proposition, même si elle ne l’a pas rejetée. »

Cette rencontre était la deuxième étape du parcours diplomatique du Kremlin, amorcé lundi à Genève avec la rencontre entre la Russie et les États-Unis, afin de tenter d’apaiser les tensions entre Moscou et Kiev. La crise frontalière est exploitée par Vladimir Poutine afin de faire pression sur l’OTAN, l’Europe et ses alliés afin d’empêcher une extension de l’Alliance militaire dans cette ancienne république soviétique.

Nous devons nous préparer à ce que la Russie opte pour l’affrontement. Il y a eu des antécédents. Ce serait une erreur stratégique grave qui aurait des conséquences graves.

 

Le président russe estime par ailleurs que toute avancée de l’OTAN dans ce coin de l’Europe viendrait trahir une promesse faite par les États-Unis à la Russie au lendemain de la chute du mur de Berlin. Selon lui, en permettant la réunification de l’Allemagne, Moscou aurait obtenu l’assurance que l’OTAN ne s’étendrait pas aux pays de l’Est.

Le dialogue de sourds s’est poursuivi mercredi lorsque la Russie a réitéré sa demande d’arrêt du processus d’élargissement de l’OTAN à l’Est par l’Ukraine. Les alliés lui ont à nouveau opposé une fin de non-recevoir, a précisé M. Stoltenberg.

« Nous devons nous préparer à ce que la Russie opte pour l’affrontement, a-t-il aussi indiqué en conférence de presse. Il y a eu des antécédents. Ce serait une erreur stratégique grave qui aurait des conséquences graves. »

La Russie cherche à « reconstituer le glacis géopolitique soviétique en Europe et [à] tenter un découplage entre les États-Unis et l’Europe. [Ces objectifs stratégiques] sont clairement inacceptables», a résumé mercredi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, sur son blogue.

Les pays de l’Union européenne, dont 21 sont membres de l’OTAN, doivent avoir, selon lui, des « positions claires » pour les discussions sur l’architecture de sécurité de l’Europe et « formuler [une] réponse [commune] au cas où la Russie mettrait à exécution ses menaces contre l’Ukraine », a-t-il ajouté.

Après Genève et Bruxelles, la séquence diplomatique doit se poursuivre jeudi à Vienne avec une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la plateforme de dialogue Est-Ouest issue de la guerre froide.

Avec l’Agence France-Presse

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