L’Europe et les États-Unis frappés de plein fouet par Omicron

Une longue file d’attente pour se faire tester pour la  COVID-19 a pris d’assaut Time Square mardi alors que les États-Unis ont enregistré plus d’un million de cas la veille.
Timothy A. Clary Agence France-Presse Une longue file d’attente pour se faire tester pour la COVID-19 a pris d’assaut Time Square mardi alors que les États-Unis ont enregistré plus d’un million de cas la veille.

Un million de cas en 24 heures aux États-Unis, 270 000 en France, plus de 200 000 au Royaume-Uni : les contaminations à la COVID-19 se sont encore multipliées mardi à travers le monde, menaçant certains secteurs de dysfonctionnements importants.

De nombreuses personnalités figurent parmi les nouveaux « positifs » : du roi de Suède Carl XVI Gustaf et son épouse, la reine Silvia, au président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et à son homologue du Botswana Mokgweetsi Masisi, en passant par le gardien du Paris SG Gianluigi Donnarumma et les footballeurs Lucas Hernandez et Tanguy Nianzou du Bayern Munich, où pas moins de huit joueurs sont touchés.

Face à une inquiétante cinquième vague, les États-Unis ont enregistré un record mondial de plus d’un million de cas en 24 heures, selon les données de l’Université Johns Hopkins arrêtées lundi soir.

Ce chiffre est cependant à prendre avec précaution, car le nombre de cas enregistré le lundi est généralement très élevé, surtout après un week-end de trois jours comme c’était le cas avec le Nouvel An aux États-Unis. Cela représente néanmoins plus du double des cas enregistrés le lundi précédent, après le week-end de trois jours de Noël.

Record également en Australie, avec près de 50 000 cas quotidiens, ce qui provoque une ruée sur les tests de dépistage malgré leur coût.

« Vertige »

La France a enregistré de son côté plus de 270 000 cas en 24 heures, un niveau record. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a évoqué des chiffres qui donnent le « vertige ». Le taux de positivité, soit la proportion de cas chez les personnes testées, dépasse désormais 15 % dans le pays, proche de ses records de l’automne 2020.

Le Royaume-Uni a, lui, enregistré mardi un nouveau record de plus de 200 000 cas en 24 heures, mais le premier ministre britannique, Boris Johnson, s’est de nouveau refusé à durcir les mesures sanitaires.

La vague actuelle de l’épidémie, relancée fin 2021 par l’arrivée du variant Omicron, considérablement plus contagieux que les précédents même si sa sévérité semble limitée, entraîne une hausse des absences pour maladie. Un phénomène qui provoque des dysfonctionnements dans plusieurs secteurs, notamment celui de la santé.

Au moins six centres hospitaliers du Royaume-Uni ont ainsi déclaré mardi des « incidents critiques », signifiant que la situation risquait d’affecter des soins prioritaires.

Le manque de personnel affectait également la rentrée des classes en Angleterre, où le gouvernement a renouvelé son appel aux professeurs retraités à venir en renfort.

Face au raz-de-marée Omicron, la plupart des gouvernements ont imposé de nouvelles restrictions, incitant notamment au télétravail, tout en mettant la pression sur les non-vaccinés.

En France, le gouvernement veut instituer un passeport vaccinal au lieu du passeport sanitaire : en vertu d’un texte dont l’examen a connu un couac pendant la nuit en raison d’un blocage de l’opposition, mais qui devrait logiquement être adopté dans les prochains jours, les non-vaccinés n’auront plus accès aux activités de loisirs ou aux restaurants et bars.

Chypre pourrait de son côté annoncer dès mercredi de nouvelles mesures, comme des restrictions pour les boîtes de nuit, les lieux de divertissement et les visites à domicile, alors que l’Île affiche le taux le plus élevé de contaminations au monde (2505 cas pour 100 000 habitants).

La capitale indienne New Delhi a également imposé de nouvelles mesures, dont un confinement pendant les week-ends.

Croisières touchées

Les Philippines vont étendre les restrictions aux régions situées autour de la capitale Manille, avec quelque 25 millions d’habitants concernés : les non-vaccinés devront rester chez eux pendant toute la durée des restrictions — jusqu’à la mi-janvier — et ne pourront sortir que pour acheter des produits de première nécessité ou faire de l’exercice.

La Chine a de son côté confiné plus d’un million d’habitants supplémentaires dans une localité du centre du pays après la découverte de trois cas asymptomatiques, à un mois des Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

L’épidémie commence aussi à affecter de nouveau le secteur des croisières. L’Association brésilienne de croisières maritimes a annoncé lundi la suspension des croisières jusqu’au 21 janvier, en raison de « divergences » sur l’application des protocoles anti-COVID, après l’apparition de foyers de contamination sur trois navires. Près de 3000 passagers, en majorité allemands, ont par ailleurs été débarqués lundi à Lisbonne après la détection de plusieurs cas à bord.

La mode n’est pas non plus épargnée. Le styliste italien Giorgio Armani a annoncé l’annulation de ses défilés prévus en janvier durant la Fashion Week de Milan, en Italie, et durant la semaine de la haute couture de Paris, en raison de l’augmentation des cas de COVID-19.

L’extrême contagiosité du variant Omicron ne s’accompagne toutefois pas, pour l’heure, d’une hausse importante des décès. Depuis la découverte du virus en décembre 2019, la pandémie a tué plus de 5,4 millions de personnes, selon un décompte de l’AFP.

Mais la multiplication des cas d’Omicron dans le monde pourrait accroître le risque d’apparition d’un nouveau variant plus dangereux, a averti mardi l’Organisation mondiale de la santé.



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