L'OMS prévient que les doses de rappel ne sont pas la solution pour en finir avec la pandémie

Les données sont insuffisantes pour conclure que le variant Omicron engendre des formes moins graves de la maladie, rappelle Maria Van Kerkhove.
Photo: Martial Trezzini/Keystone via AP Les données sont insuffisantes pour conclure que le variant Omicron engendre des formes moins graves de la maladie, rappelle Maria Van Kerkhove.

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait une mise en garde mercredi contre l’illusion selon laquelle il suffirait d’administrer des doses de rappel pour se sortir de la pandémie de COVID-19.

« Aucun pays ne pourra se sortir de la pandémie à coups de doses de rappel, et les rappels ne sont pas un feu vert pour célébrer comme on l’avait prévu », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, au cours d’un point de presse à Genève, à quelques jours de Noël.

« Les programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie plutôt que d’y mettre fin. Ils détournent les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter. »

« Il est important de se souvenir que la très grande majorité des personnes hospitalisées et des morts sont des gens qui ne sont pas vaccinés, pas des gens qui n’ont pas eu de dose de rappel », a souligné le d.g., ajoutant : « Et il nous faut être très clair » sur le fait que « les vaccins restent efficaces contre les variants Delta et Omicron. »

Selon le comité d’experts en matière de politique vaccinale (SAGE) de l’OMS, au moins 126 pays ont déjà donné des instructions en vue de l’injection d’une dose de rappel ou d’une vaccination élargie (aux enfants par exemple), et 120 d’entre eux ont déjà entamé les campagnes en ce sens. Ce sont en grande majorité des pays riches ou à revenu moyen, alors qu’« aucun pays pauvre n’a encore entamé de programme de rappel », indique le SAGE dans un communiqué diffusé mercredi après-midi.

« Les efforts d’immunisation doivent continuer à viser la réduction [du nombre] de morts et de cas graves et la protection du système de santé », souligne le SAGE dans ses conclusions.

« Les mesures de santé publique et les mesures sociales restent une composante essentielle de la stratégie de prévention de la COVID-19, en particulier au regard du variant Omicron », répètent les spécialistes du comité, comme l’a fait pendant la conférence de presse Maria Van Kerkhove, chargée de la gestion de la pandémie au sein de l’OMS.

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C’est le nombre de pays qui ont déjà donné des instructions en vue de l’injection d’une dose de rappel ou d’une vaccination élargie.

Elle a insisté sur la nécessité pour tout un chacun de prendre ses responsabilités afin d’éviter que le virus continue de circuler, tout en reconnaissant que c’était difficile. « Nous avons demandé aux gens d’être prudents, nous avons demandé aux gouvernements d’être prudents », a-t-elle dit.

« J’espère qu’un plus grand nombre de personnes examinent sérieusement ce qu’elles doivent faire dans le contexte dans lequel elles vivent et prennent les bonnes décisions pour elles », a-t-elle souligné, précisant qu’elle-même avait changé ses plans pour les Fêtes.

Maria Van Kerkhove a par ailleurs rappelé que l’on ne disposait pas encore d’assez de données pour conclure que le variant Omicron engendre réellement des formes moins graves de la COVID-19, comme certaines études semblent le montrer. « Nous n’avons pas le tableau complet, et il est trop tôt pour conclure qu’Omicron est plus bénin que Delta ou plus grave que Delta », a-t-elle dit.

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