Washington accélère ses dons de doses de vaccins dans les pays émergents

41 pays n’ont toujours pas pu vacciner 10 % de leur population, selon l’OMS.
Photo: Brian Inganga Associated Press 41 pays n’ont toujours pas pu vacciner 10 % de leur population, selon l’OMS.

Washington a livré à ce jour plus de 335 millions de doses de vaccins anti-COVID à 110 pays, soit autant de doses qu’il y a d’habitants aux États-Unis, a fait savoir vendredi un haut responsable de la Maison-Blanche.

Répondant à une demande de Joe Biden d’accélérer les dons, l’exécutif américain a distribué pas moins de 50 millions de doses les deux dernières semaines, a-t-il également fait valoir à l’AFP, sous couvert d’anonymat.

Le président américain avait promis en septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, que son pays ferait don au total de plus d’un milliard de doses à des pays pauvres, promettant d’être « l’arsenal » du monde en matière de lutte contre la pandémie.

Et Washington répète à la moindre occasion que ses vaccins sont distribués sans attendre de « contrepartie », sous-entendant que ce ne serait pas le cas pour les doses distribuées en particulier par sa grande rivale, la Chine.

Le président chinois Xi Jinping, qui se défend de mener une « diplomatie du vaccin », a promis récemment un milliard de doses de vaccins anti-COVID à l’Afrique, sous la forme de dons ou de soutien à la production locale.

Il y a quelques jours, le Nicaragua a quant à lui reçu 200 000 doses du vaccin anti-COVID élaboré par le laboratoire chinois Sinopharm, peu après avoir rompu ses relations avec Taiwan.

Nouveau vaccin homologué

 

Un nouveau vaccin s’ajoute par ailleurs à l’effort d’immunisation à l’échelle internationale contre la COVID-19. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a homologué vendredi le vaccin indien Covovax.

Ce vaccin « est produit par le Serum Institute of India sous licence de Novovax et il fait partie du portefeuille de Covax [le système international de distribution de vaccin], ce qui va permettre de doper les efforts faits pour vacciner plus de gens dans les pays à faible revenu », a souligné l’OMS dans un communiqué.

« Les vaccins restent l’une des méthodes les plus efficaces pour se protéger contre des formes graves et le décès provoqués par le SRAS-CoV-2, malgré l’apparition de nouveaux variants », a indiqué la Dre Mariangela Simao, chargée de l’accès aux médicaments à l’OMS.

Cette homologation « doit faciliter l’accès des pays pauvres aux vaccins, dont 41 n’ont toujours pas été en mesure de vacciner 10 % de leur population, tandis que 98 % des pays n’ont toujours pas atteint 40 % », a-t-elle souligné. L’OMS s’était fixé cet objectif de 40 % de la population de tous les pays vaccinée d’ici la fin de l’année.

Ce vaccin requiert deux doses et il peut être conservé à des températures de 2 à 8°, comme dans les réfrigérateurs du commerce. Il utilise une technologie différente de celles employées pour les vaccins déjà largement autorisés dans le monde. C’est un vaccin dit « sous-unitaire », à base de protéines qui déclenchent une réponse immunitaire, sans virus.

Il rejoint les vaccins anti-COVID Covaxin, de l’indien Bharat Biotech, ceux de Pfizer-BioNTech, de Moderna, d’AstraZeneca (l’OMS compte deux vaccins associés au groupe pharmaceutique, dont l’un fabriqué en Inde), de Johnson & Johnson, de Sinopharm et de Sinovac sur la liste des homologations d’urgence.

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