L’ONU montre les talibans du doigt au sujet de 72 exécutions

Des talibans patrouillent dans un quartier de Kaboul, le 9 décembre 2021.
Photo: Wakil Kohsar Agence France-Presse Des talibans patrouillent dans un quartier de Kaboul, le 9 décembre 2021.

Les Nations unies ont accusé mardi les talibans d’être responsables d’au moins 72 exécutions extrajudiciaires depuis le mois d’août, en dépit de leur promesse d’amnistie générale, ce que les intéressés nient en bloc.

Entre août et novembre, l’ONU a reçu « des allégations crédibles faisant état de plus de 100 exécutions d’anciens membres des forces de sécurité nationales afghanes et d’autres personnes associées à l’ancien gouvernement, dont 72 au moins ont été attribués aux talibans », a déclaré la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.

« Je suis alarmée par les informations persistantes faisant état d’exécutions extrajudiciaires dans tout le pays, malgré l’amnistie générale annoncée par les talibans après le 15 août », a-t-elle ajouté.

« Dans la seule province de Nangarhar », a poursuivi Mme Al-Nashif, « au moins 50 exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d’être membres du groupe EI-K [la branche afghane du groupe État islamique] semblent avoir été commises. »

Les États-Unis et leurs alliés occidentaux se sont déjà montrés « préoccupés » par ces exécutions, révélées par des organisations de défense des droits de la personne, et ont demandé l’ouverture rapide d’enquêtes.

« Jugé et puni »

Après les déclarations de Mme Al-Nashif, le gouvernement taliban a de nouveau rejeté ces accusations, qui circulent depuis des mois dans le pays, mais restent très difficiles à prouver. « Les rumeurs sans fondement ne doivent pas être prises pour de l’argent comptant », a réagi mardi après-midi auprès de l’AFP le porte-parole du ministère taliban des Affaires étrangères, Abdul Qahar Balkhi.

Les talibans « respectent pleinement le décret d’amnistie, et les employés des gouvernements précédents ne sont pas persécutés », a-t-il ajouté, en assurant qu’il y aura des enquêtes sur chaque cas suspect et que tout taliban coupable de violer l’amnistie sera « jugé et puni ».

Les rumeurs sans fondement ne doivent pas être prises pour de l’argent comptant 

Les dirigeants talibans d’aujourd’hui, en quête de soutiens financiers et de respectabilité internationale, ont à plusieurs reprises promis que leur régime serait différent de celui de la fin des années 1990.

À voir en vidéo