Des voleurs sur les plages de Rio

Rio de Janeiro — Des images montrant une trentaine d'adolescents des favelas encerclant des touristes pour les voler sur une plage de Rio de Janeiro, diffusées à la télévision mardi soir, ont porté un sérieux coup à l'image de la ville.

Le cinéaste amateur qui a filmé les scènes à Leblon, où les touristes essayant de protéger leurs affaires ont été jetés à terre, a dit au journal O Globo que ce genre d'attaques se produisait depuis deux mois, au moment où la plage est pleine.

Lors de ces vols en bande, les gamins ramassent tout ce qu'ils trouvent sur leur passage et se dispersent rapidement.

Les hôteliers estiment que les dommages provoqués par ces images sont «irréparables» alors qu'une campagne est menée pour favoriser le tourisme.

La vice-présidente de l'Association des agents de voyages, Vera Potter, a dit considérer que l'incident était «déplorable» pour l'image de Rio. Elle a souligné que des scènes de violence avaient lieu dans d'autres villes touristiques comme Paris, Rome ou New York, mais «sans les mêmes répercussions».

Pour le secrétaire municipal du tourisme, Ruben Medina, la situation est en train de devenir «insupportable». «Il ne s'agit pas seulement du tourisme mais de la qualité de vie des habitants de Rio.»

«Ces incidents ont lieu fréquemment sur tout le bord de mer. Récemment, la police a montré une série de vidéos où on voit des attaques semblables contre des touristes à Copacabana», a déploré le vice-président de l'industrie hôtelière, Angelo Vivacqua.

Lundi, le chef de la police de Leblon, le colonel Jorge Braga, avait dit que ce quartier résidentiel «était maintenant le plus sûr du monde» en annonçant des renforts de sécurité en raison de la guerre des trafiquants de drogue des deux favelas voisines.

«Personne ne veut assumer la responsabilité pour s'occuper des enfants des rues et cela retombe sur la police. Où est la garde municipale et où sont les organismes d'assistance sociale? S'il arrive quelque chose à ces enfants au cours d'une action policière, c'est nous qui serons responsables», s'est plaint le colonel Braga.