Ottawa et Washington recommandent à leurs ressortissants de quitter Haïti

Les confrontations armées entre la police et les gangs sont monnaie courante.
Photo: Ricardo Arduengo Agence France-Presse Les confrontations armées entre la police et les gangs sont monnaie courante.

Le Canada et les États-Unis ont recommandé à leurs ressortissants vivant en Haïti de planifier leur départ du pays, où les gangs armés étendent leur pouvoir, causant une grave pénurie de carburant.

« Le département d’État exhorte les citoyens américains à planifier leur départ d’Haïti dès maintenant par des voies commerciales », indique le message de l’ambassade américaine à Port-au-Prince publié dans la nuit de mercredi à jeudi, ajoutant qu’il serait « peu probable » qu’elle puisse aider ses ressortissants si les options commerciales venaient à manquer.

« La situation se détériore et évolue rapidement. Si vous êtes en Haïti et que votre présence n’est pas essentielle, envisagez de partir si vous pouvez le faire en toute sécurité », a pour sa part annoncé l’ambassade canadienne dans un courriel envoyé mercredi à ses citoyens.

Les gangs, qui dominent une bonne partie de la capitale, Port-au-Prince, bloquent les axes routiers qui conduisent aux terminaux pétroliers, perturbant depuis plusieurs mois l’approvisionnement en carburant.

« Les pénuries généralisées de carburant peuvent limiter les services essentiels en cas d’urgence, notamment l’accès aux banques, les transferts d’argent, les soins médicaux d’urgence, Internet et les télécommunications, ainsi que les moyens de transport public et privé », signale l’ambassade des États-Unis.

Mainmise étendue

 

Les réseaux de télécommunications et les médias ont déjà réduit de façon draconienne leurs activités partout au pays, faute de pouvoir trouver du carburant pour les générateurs thermiques qui alimentent les antennes en électricité.

Les banques ne sont plus ouvertes que trois jours par semaine, ce qui occasionne d’interminables files d’attente devant les succursales.

Cette crise énergétique handicape également le fonctionnement des rares structures hospitalières d’Haïti.

Longtemps cantonnées aux quartiers pauvres de la capitale, les bandes armées ont, ces derniers mois, étendu leur mainmise et multiplié les enlèvements crapuleux.

 

Un des gangs les plus puissants du pays a menacé de tuer le groupe de missionnaires et de membres de leurs familles — 16 citoyens américains et un citoyen canadien — enlevés le 16 octobre à l’est de Port-au-Prince s’il n’obtenait pas les 17 millions de dollars américains de rançon exigés.

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