L’écart entre pays riches et pauvres toujours béant à la COP26

En 2009, les pays développés avaient promis de porter à 100 milliards de dollars par an leur aide aux pays en développement pour qu’ils réduisent leurs émissions et s’adaptent aux impacts. Mais il manquait encore plus de 20 milliards en 2019, et le Nord espère désormais y parvenir en 2023.
Photo: Andy Buchanan Agence France-Presse En 2009, les pays développés avaient promis de porter à 100 milliards de dollars par an leur aide aux pays en développement pour qu’ils réduisent leurs émissions et s’adaptent aux impacts. Mais il manquait encore plus de 20 milliards en 2019, et le Nord espère désormais y parvenir en 2023.

À mi-parcours de la cruciale COP26, les pays en développement ont fustigé lundi les engagements selon eux insuffisants des nations les plus riches, accusées de sacrifier les vies de milliards d’habitants de la planète en première ligne du réchauffement climatique.

Au cours de la session plénière faisant le bilan de la première semaine de négociations, les groupes représentant les pays en développement et émergents n’ont pas mâché leurs mots, malgré les nouvelles promesses, en particulier de financement, engrangées ces derniers jours.

« Le groupe des pays les moins avancés est préoccupé par le fait que les actions de certains pays ne sont pas en ligne avec les déclarations, il y a une déconnexion entre les déclarations publiques et ce qui se passe dans les négociations », a dénoncé son président, Sonam Phuntsho Wangdi.

Il s’est notamment inquiété de la façon dont l’objectif de limitation du réchauffement à +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle — l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris devenu de facto le plafond à ne pas dépasser pour éviter les pires impacts — serait reflété dans la décision finale de cette COP26.

« Tout compromis » sur ce point « voudrait dire négocier avec la vie de milliards de personnes dans les pays les plus vulnérables comme les nôtres », a-t-il insisté.

Avant cette COP, les engagements de réduction des émissions de CO2 des États pour 2030 menaient vers un réchauffement « catastrophique » de 2,7 °C, au mieux 2,2 °C en ajoutant les objectifs de neutralité carbone pour le milieu du siècle, selon le rapport de référence de l’ONU-Environnement.

La première semaine a vu des annonces significatives, du renforcement des objectifs de réduction des émissions de l’Inde, du Brésil ou de l’Argentine à l’engagement d’une centaine de pays à réduire les émissions de méthane en passant par des promesses de sortie du charbon.

L’ONU-Environnement n’a pas encore mis à jour ses prévisions de hausse de la température, mais selon diverses analyses préliminaires d’autres experts, si et seulement si toutes les nouvelles promesses étaient effectivement remplies, on pourrait limiter le réchauffement un peu au-dessous de +2 °C.

Mais, alors que chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de nouvelles catastrophes, le plafond de +1,5 °C serait toujours dépassé. Et la requête des nations les plus vulnérables de soumettre chaque année des engagements plus ambitieux devrait rester lettre morte, selon les observateurs.

« Mauvaise foi »

« Il y a deux vérités ici », note Helen Mountford, du centre de réflexion World Resources Institute. « Nous avons fait beaucoup de progrès dans certains domaines, que nous n’aurions jamais imaginés il y a deux ans, mais, en même temps, ce n’est pas assez. »

« Il y a une mauvaise foi des pays développés, qui demandent toujours aux pays vulnérables de faire davantage », mais sans avoir mis les fameux « 100 milliards » promis sur la table, insiste dans un entretien avec l’AFP Ahmadou Sebory Touré, qui préside le Groupe 77 et de la Chine rassemblant 134 pays en développement ou émergents.

Il y a une mauvaise foi des pays développés, qui demandent toujours aux pays vulnérables de faire davantage

 

En 2009, les pays développés avaient promis de porter à 100 milliards de dollars par an leur aide aux pays en développement pour qu’ils réduisent leurs émissions et s’adaptent aux impacts. Mais il manquait encore plus de 20 milliards en 2019, et le Nord espère désormais y parvenir en 2023.

Obama appelle à faire plus et rend hommage aux jeunes

La plupart des pays ont manqué d’« ambition » pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris sur le climat, a déploré lundi l’ancien président américain Barack Obama, qui a appelé à en « faire plus » et a loué la « colère » de la jeunesse sur la crise climatique. « La plupart des pays n’ont pas été aussi ambitieux qu’ils auraient dû l’être », a déclaré M. Obama, invité à s’exprimer devant la COP26 à Glasgow, où il a été accueilli par une ovation. Et même s’il a estimé qu’il y avait eu « des progrès » depuis l’Accord de Paris en 2015, « nous n’en avons pas fait assez face à cette crise et nous allons devoir en faire plus », a-t-il lancé. « Nous sommes très loin de là où nous devrions être. » Comme l’actuel président, Joe Biden, il a regretté l’absence des chefs d’État chinois et russe à la conférence, jugeant que « s’il y a une chose qui devrait transcender nos différences, c’est bien le réchauffement climatique ». Il a également rendu hommage au mouvement de protestation des jeunes pour le climat et à son égérie suédoise, Greta Thunberg, se félicitant qu’il « y [ait] plein de Greta à travers le monde ».



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