Le Canada s’engage à ne plus ajouter de financement des hydrocarbures d’ici 2022

Les nations du G20 se sont récemment accordées pour cesser de soutenir les projets de centrales au charbon à l’étranger.
Photo: Nicolas Tucat Archives Agence France-Presse Les nations du G20 se sont récemment accordées pour cesser de soutenir les projets de centrales au charbon à l’étranger.

Le Canada s’est joint jeudi aux États-Unis, au Royaume-Uni et à 21 autres pays pour signer un accord visant à mettre fin aux nouveaux financements publics directs pour l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz d’ici la fin de 2022.

La déclaration commune, publiée jeudi matin lors de la conférence des Nations unies sur le climat (COP26), à Glasgow, en Écosse, prévoit que les pays signataires n’accorderont aucun nouveau soutien direct au secteur traditionnel de l’énergie fossile d’ici la fin de 2022 à l’échelle internationale. Ils promettent également de mettre davantage l’accent sur le financement des énergies renouvelables.

«Le Canada peut être un chef de file dans un monde à faibles émissions de carbone si nous continuons de mettre nos investissements, nos innovations et notre matière grise au service d’actions climatiques ambitieuses, a indiqué dans un communiqué le ministre de l’Environnement, Steven Guilbault. Cela signifie qu’il faut rapidement mettre fin aux nouveaux investissements publics internationaux destinés à la production soutenue d’énergie à partir de combustibles fossiles et amorcer le virage vers les sources d’énergie propre.»

Le gouvernement canadien indique qu’il n’a pas encore défini la portée de cette nouvelle politique. L’accord permet par ailleurs de continuer à financer les combustibles fossiles «dans de rares circonstances clairement définies qui correspondent à la limite de réchauffement de 1,5 °C et aux objectifs de l’Accord de Paris», précise un communiqué du ministère canadien des Ressources naturelles.

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), pour pouvoir préserver l’objectif de +1,5 °C, il faudrait immédiatement cesser tout financement de nouveaux projets dans les énergies fossiles.

« Investir dans des projets d’énergie fossile laissés tels quels comporte de plus en plus de risques sociaux et économiques… et a des impacts négatifs sur le revenu des États, l’emploi local, les contribuables et la santé publique », écrivent les signataires de l’accord dans une déclaration commune diffusée pendant la conférence internationale sur le climat COP26 à Glasgow.

Un groupe environnemental qui examine le financement public du secteur des combustibles fossiles estime que cet accord pourrait permettre aux gouvernements du monde entier de transférer vers de l’énergie propre jusqu’à 22 milliards $. L’organisme Oil Change International remonte le fil des prêts, garanties de prêt, subventions, achats d’actions et couverture d’assurance fournis aux producteurs de combustibles fossiles par des organismes publics. Dans un récent rapport, l’organisme conclut que ces soutiens s’élevaient au total à 78 milliards $ en 2018.

Ce rapport a également révélé que parmi les pays du G20, le Canada était le plus grand contributeur financier aux combustibles fossiles. Ottawa mettrait à disposition près de 14 milliards $ par année, essentiellement par l’intermédiaire d’Exportation et développement Canada, un organisme d’État qui aide les entreprises canadiennes à vendre leurs produits à l’étranger, mais qui aide également les producteurs de pétrole et de gaz dans leur développement au pays.

L’accord de jeudi signifie que le Canada perdra probablement ce titre, croit Bronwen Tucker, une chercheuse qui a participé à la rédaction du rapport d’Oil Change International. Selon elle, l’accord de Glasgow pourrait affecter entre 2 et 9 milliards $ d’Exportation et développement Canada.

«Le gouvernement fédéral devrait également entendre haut et fort qu’il doit tenir ses promesses électorales et étendre cet engagement au financement national, étroitement lié, d’Exportation et développement Canada (et) mettre fin aux autres subventions nationales aux combustibles fossiles.»

La déclaration commune, publiée jeudi matin à la COP26, constitue le premier engagement politique international à aborder le financement public du pétrole et du gaz. Les 24 pays signataires déclarent qu’ils encourageront d’autres gouvernements, ainsi que leurs agences de crédit à l’exportation et leurs institutions financières publiques, à mettre en œuvre des engagements similaires.

Avec l’Agence France-Presse

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