L’Europe redevient l’épicentre de la pandémie

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-COVID.
Photo: Alberto Pezzali Archives Agence France-Presse

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-COVID.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est alarmée jeudi de la nouvelle aggravation de la pandémie de COVID-19 en Europe, tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, la majorité des salariés américains seront tenus de se faire vacciner.

Cette quatrième vague « massive » sur le continent européen frappe tout particulièrement l’Allemagne, qui a battu jeudi son précédent record de contaminations quotidiennes datant de décembre 2020, avec 33 949 nouveaux cas en 24 heures.

« Nous sommes, de nouveau, à l’épicentre », a déploré le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, au cours d’une conférence de presse en ligne. « Le rythme actuel de transmission dans les 53 pays de la région européenne est très préoccupant […]. Si nous restons sur cette trajectoire, nous pourrions voir un autre demi-million de décès dus à la COVID-19 dans la région d’ici à février », a-t-il mis en garde.

« Je pense que c’est un coup de semonce » pour le reste du monde, car « beaucoup d’autres régions n’ont pas nécessairement » les mêmes moyens que l’Europe de faire face à une telle poussée de la pandémie, en matière de finances, d’accès à la vaccination ou de systèmes sanitaires, a noté Michael Ryan, le responsable des urgences à l’OMS.

Pour cette organisation internationale, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison d’une couverture vaccinale insuffisante et d’un assouplissement des dispositifs mis en place contre la COVID-19. Selon les données de l’OMS Europe, le nombre d’hospitalisations liées au coronavirus a plus que doublé en une semaine.

Sauver près de 200 000 vies

Le seuil des 5 millions de morts provoquées par la pandémie depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019 a été franchi lundi soir.

À elle seule, l’Europe en a enregistré plus de 1,4 million. Le nombre des nouveaux cas par jour y est en hausse depuis près de six semaines consécutives et le nombre des morts supplémentaires en 24 heures est en hausse depuis un peu plus de sept semaines, avec environ 250 000 cas et 3600 décès quotidiens, selon les données officielles par pays compilées par l’AFP.

La flambée actuelle est notamment portée par la Russie (8162 morts ces sept derniers jours, +8 % par rapport à la semaine précédente), l’Ukraine (3819 morts, +1 %) et la Roumanie (3100 morts, +4 %).

« La plupart des personnes hospitalisées et qui meurent de la COVID-19 aujourd’hui ne sont pas complètement vaccinées », a souligné M. Kluge. En moyenne, d’après l’OMS, seuls 47 % des habitants de la région, qui comprend les pays européens et plusieurs d’Asie centrale, ont reçu deux doses de vaccin.

En Allemagne, 19 702 cas quotidiens ont été enregistrés en moyenne sur les sept derniers jours, un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis fin avril. « La situation est grave », a commenté à la chaîne publique de télévision ZDF Helge Braun, le bras droit de la chancelière Angela Merkel.

Le ministre de la Santé, Jens Spahn, a appelé l’ensemble des États régionaux, compétents pour les questions sanitaires, à durcir les règles pour les non-vaccinés en leur interdisant l’accès à certains lieux publics ou en exigeant un coûteux test PCR.

Obligation vaccinale aux États-Unis

 

Du côté des États-Unis, des dizaines de millions de salariés devront être vaccinés contre la COVID-19 d’ici le 4 janvier, sous peine de devoir se soumettre à des tests très réguliers, a annoncé jeudi le gouvernement du président Joe Biden.

Cette obligation vaccinale, qui concerne les employés des entreprises de plus de 100 personnes, les travailleurs du monde médical et les salariés des sous-traitants d’agences fédérales, est l’une des mesures les plus radicales prises par le gouvernement américain pour tenter d’endiguer l’épidémie qui mine la reprise économique.

À compter du 4 janvier 2022, les employés devront soit avoir reçu leur dernière dose de vaccin, soit commencer à se soumettre à au moins un test par semaine.

« La vaccination est le meilleur moyen de sortir de cette pandémie », a commenté le président américain, Joe Biden, dans un communiqué, assurant qu’il aurait « préféré éviter cette obligation, [mais] trop de personnes restent non vaccinées pour que nous puissions en sortir définitivement ».



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