Biden affirme que les États-Unis défendraient Taïwan en cas d’attaque de la Chine

La déclaration de Joe Biden vient en contradiction avec la politique tenue de longue date par les États-Unis dite d’«ambiguïté stratégique».
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse La déclaration de Joe Biden vient en contradiction avec la politique tenue de longue date par les États-Unis dite d’«ambiguïté stratégique».

Le président américain Joe Biden a affirmé jeudi que les États-Unis étaient prêts à défendre militairement Taïwan, en cas d’attaque par la Chine qui considère l’île comme faisant partie de son territoire.

« Oui, nous avons un engagement en ce sens », a déclaré Joe Biden lors d’un échange retransmis sur CNN avec des électeurs à Baltimore.

La déclaration du président américain vient en contradiction avec la politique tenue de longue date par les États-Unis dite d’« ambiguïté stratégique », Washington aidant Taïwan à construire et renforcer ses défenses sans promettre de manière explicite de venir à son aide si une attaque avait lieu.

Durant une interview cet été sur la chaîne ABC, le président américain avait fait une promesse similaire, parlant d’« engagement sacré » à défendre les alliés de l’OTAN au Canada et en Europe, et « de même avec le Japon, la Corée du Sud, et Taïwan ».

Dans la foulée des déclarations de Joe Biden jeudi soir, la Maison Blanche a affirmé à la presse que la politique des États-Unis envers Taïwan n’avait « pas changé ».

Interrogé également sur le fait de savoir si les États-Unis seraient en mesure de répondre au développement des programmes militaires en Chine, M. Biden a également répondu par l’affirmative.

« Ne vous inquiétez pas de savoir si…. Ils vont être plus puissants », a-t-il affirmé. « La Chine, la Russie et le reste du monde savent que nous disposons de la plus puissante capacité militaire du monde », a-t-il ajouté.

Il a toutefois exprimé sa préoccupation sur la possibilité que des pays rivaux des États-Unis s « ’engagent dans des activités où ils feraient une sérieuse erreur ».

« Pas faire confiance » à la Chine sur Taïwan

Il a cependant réitéré sa volonté de ne pas s’engager dans une nouvelle guerre froide avec Pékin.

Lors d’une conférence de presse jeudi, l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun, interrogé sur le dossier taïwanais, a souligné que son pays n’était pas à l’offensive.

La Chine est en position de « défense ». « Nous combattons pour maintenir notre souveraineté et notre intégrité territoriale », a-t-il dit.

« Nous ne sommes pas le fauteur de troubles. Au contraire, certains pays, les États-Unis en particulier, prennent des mesures dangereuses menant directement à une situation dangereuse à Taïwan », a-t-il ajouté.

« Nous devrions appeler les États-Unis à mettre fin à une telle pratique. Entraîner Taïwan dans un mur, ce n’est l’intérêt de personne », a martelé le diplomate chinois.

La Chine et les États-Unis s’opposent frontalement sur beaucoup de dossiers dans un climat de Guerre froide, mais la question taïwanaise est souvent considérée comme la seule susceptible de provoquer une confrontation armée.

Le prochain ambassadeur à Pékin, le diplomate de carrière Nicholas Burns, avait estimé mercredi qu’il ne fallait « pas faire confiance » à la Chine sur Taïwan, et recommandé de vendre davantage d’armement à l’île pour renforcer ses défenses.

M. Burns s’exprimait devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, qui doit confirmer sa nomination. Il avait également dénoncé les récentes incursions chinoises dans la zone d’identification de défense aérienne taïwanaise, les qualifiant de « répréhensibles ».

Les États-Unis reconnaissent depuis 1979 la République populaire de Chine, mais le Congrès américain impose parallèlement de fournir des armes à Taïwan pour son autodéfense.

L’île a son propre gouvernement depuis la victoire des communistes sur la partie continentale de la Chine en 1949, mais Pékin considère ce territoire comme une de ses provinces et menace de recourir à la force au cas où l’île proclamerait formellement son indépendance.

Le président chinois Xi Jinping a cependant réaffirmé récemment sa volonté de parvenir à une réunification « pacifique ».

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