Le lourd tribut à la COVID-19 des professionnels de la santé

L’OMS appelle tous les pays à s’assurer que tous les professionnels de la santé soient vaccinés contre la COVID-19, aux côtés des autres groupes à risque.
Photo: Mohd Rasfan Agence France-Presse

L’OMS appelle tous les pays à s’assurer que tous les professionnels de la santé soient vaccinés contre la COVID-19, aux côtés des autres groupes à risque.

Entre 80 000 et 180 000 professionnels de la santé sont morts de la COVID-19 entre janvier 2020 et mai de cette année, selon une estimation publiée jeudi par l’OMS, qui appelle le G20 à livrer les doses de vaccin promises. « C’est pourquoi il est essentiel que les professionnels de la santé soient vaccinés en priorité. Les données de 119 pays indiquent qu’en moyenne, deux professionnels de la santé sur cinq dans le monde sont entièrement vaccinés », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, en présentant les données aux médias.

« Mais, bien entendu, cette moyenne masque d’énormes différences entre les régions et les groupes économiques. En Afrique, moins d’un professionnel de la santé sur dix a été entièrement vacciné. Parallèlement, dans la plupart des pays au revenu élevé, plus de 80 % des agents de santé sont entièrement vaccinés », a-t-il ajouté.

Devant ce constat, l’OMS appelle tous les pays à s’assurer que tous les professionnels de la santé soient vaccinés contre la COVID-19, aux côtés des autres groupes à risque. « Plus de 10 mois après l’approbation des premiers vaccins, le fait que des millions de professionnels de la santé n’aient toujours pas été vaccinés est en soi une condamnation des pays et des entreprises qui contrôlent l’approvisionnement mondial en vaccins », a affirmé le chef de l’OMS.

Le Dr  Tedros n’a de cesse de dénoncer l’iniquité vaccinale et demande sans répit aux pays disposant de suffisamment de doses de les partager, alors que le mécanisme international Covax patine, faute de vaccins suffisants. « Les pays du G20 se sont engagés à donner plus de 1,2 milliard de doses de vaccin à Covax. Jusqu’à présent, seuls 150 millions ont été livrés. Pour la plupart des dons, nous ne disposons d’aucun calendrier. Nous ne savons pas combien de doses Covax va recevoir, ni quand », a-t-il déploré.

« Politiques et profits »

L’OMS souhaite que 40 % de la population de chaque pays soit vaccinée d’ici la fin de l’année, mais 82 pays risquent de ne pas atteindre cet objectif, pour la plupart faute de vaccins, a affirmé le chef de l’OMS. « La production en soi ne constitue pas un obstacle. Les obstacles sont les politiques et les profits », a-t-il affirmé.

Le patron de l’organisation a expliqué que, d’ici le G20, prévu à la fin du mois à Rome, environ 500 millions de doses de vaccin seront produites. « C’est le nombre de doses supplémentaires dont nous avons besoin pour atteindre notre objectif de vacciner 40 % de la population de chaque pays d’ici la fin de l’année. »

Après environ deux ans d’épidémie et plus de 4,9 millions de morts au moins, les appels à mieux répartir les vaccins pour mieux combattre la maladie n’ont pas eu l’écho escompté par l’OMS, les pays riches s’appropriant les doses disponibles.

Le système Covax a aussi grandement souffert de la décision prise par l’Inde de garder pour elle — en raison de la dégradation de la crise sanitaire dans le pays — les centaines de millions de doses qui devaient constituer l’essentiel de la force de frappe de Covax, obligeant de nombreux pays en développement à se tourner directement vers les fabricants de vaccins.

Mais un vent d’espoir devrait bientôt souffler, l’Inde ayant annoncé jeudi que les exportations de vaccins, interrompues en début d’année, ont provisoirement repris.

À Genève, un porte-parole de l’Alliance du vaccin (Gavi), qui coordonne Covax aux côtés notamment de l’OMS, a indiqué à l’AFP que l’organisation attendait toutefois « toujours une confirmation de la date » de reprise des exportations « et du nombre de doses ».

L’Amérique latine et les Caraïbes seront affectées pendant de « nombreuses années », dit le FMI

Les effets négatifs de la pandémie dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes en matière de croissance, d’emploi et de capital humain pourraient « prendre de nombreuses années avant de s’inverser », a prévenu jeudi le directeur régional du Fonds monétaire international (FMI).

 

« La croissance pour la majeure partie de la région ne revient pas à la trajectoire que nous avions envisagée avant la pandémie », a noté Nigel Chalk à l’occasion de la publication du rapport sur les perspectives régionales du FMI. Il a évoqué la possibilité que cela prenne plus de cinq ans avant que la croissance du produit intérieur brut ne revienne au rythme d’avant la crise.

 

L’institution a relevé sa prévision de croissance 2021 pour l’Amérique latine et les Caraïbes à 6,3 %, soit une hausse de 0,5 point de pourcentage comparativement à ses prévisions de juillet. Cette année, la reprise est soutenue, mais pas au point d’effacer la récession historique (–7 %) enregistrée en 2020 dans la région.



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