Hausse des cas de COVID-19: un «plan B» est réclamé au Royaume-Uni

Certains disent que les Britanniques ont été trop rapides pour reprendre leurs comportements d’avant la pandémie.
Photo: Daniel Leal-Olivas Archives Agence France-Presse Certains disent que les Britanniques ont été trop rapides pour reprendre leurs comportements d’avant la pandémie.

De nombreux scientifiques font pression sur le gouvernement britannique pour qu’il réimpose des restrictions sociales et accélère les injections de rappel alors que les taux d’infection à la COVID-19, déjà les plus élevés d’Europe, continuent d’augmenter.

Le Royaume-Uni a enregistré 49 156 nouveaux cas de COVID-19 lundi, le plus grand nombre depuis la mi-juillet. Les nouvelles infections ont atteint en moyenne 43 000 par jour au cours de la semaine dernière, soit une augmentation de 15 % par rapport à la semaine précédente.

La semaine dernière, l’Office for National Statistics a estimé qu’une personne sur 60 en Angleterre avait le virus, l’un des niveaux les plus élevés observés en Grande-Bretagne pendant la pandémie.

En juillet, le gouvernement du premier ministre Boris Johnson a levé toutes les restrictions qui avaient été imposées plus d’un an plus tôt pour ralentir la propagation du virus, y compris l’obligation du port du couvre-visage à l’intérieur et les règles de distanciation sociale. Les boîtes de nuit et autres lieux bondés ont été autorisés à ouvrir au maximum de leur capacité, et il n’était plus conseillé aux gens de travailler à domicile s’ils le pouvaient.

Certains modélistes craignaient une forte augmentation des cas après la levée des mesures. Cela ne s’est pas produit, mais les infections sont restées élevées et ont récemment commencé à augmenter.

Il en va de même des hospitalisations et des décès, qui sont en moyenne de plus de 100 par jour — bien moins que lorsque les cas étaient aussi élevés, avant qu’une grande partie de la population ne soit vaccinée, mais toujours trop hautes, selon les critiques du gouvernement.

Certains disent que les Britanniques ont été trop rapides pour reprendre leurs comportements d’avant la pandémie. Les masques et la distanciation sociale ont disparu dans la plupart des contextes en Angleterre, y compris dans les écoles, bien que d’autres parties du Royaume-Uni restent un peu plus strictes. Même dans les magasins, où les masques sont recommandés, et dans le réseau de transport londonien, où ils sont obligatoires, l’adhésion est inégale.

Un plan exigeant une preuve de vaccination pour entrer dans les discothèques, assister à des concerts et autres événements de masse en Angleterre a été abandonné par le gouvernement conservateur face à l’opposition des législateurs, bien que l’Écosse ait introduit un programme de laissez-passer vaccinal ce mois-ci.
 

Diminution de l'immunité

Certains scientifiques disent qu’un facteur plus important est la diminution de l’immunité. Le programme de vaccination britannique a démarré rapidement, avec des vaccins administrés aux personnes âgées et vulnérables à partir de décembre dernier. Cela signifie que des millions de personnes sont vaccinées depuis plus de six mois, et des études ont suggéré que la protection des vaccins diminue progressivement avec le temps.

Des millions de personnes en Grande-Bretagne se voient proposer des injections de rappel, mais les critiques disent que le programme avance trop lentement. Et alors que près de 80 % des personnes de plus de 12 ans sont complètement vaccinées, le nombre de doses administrées chaque jour a fortement diminué.

Le Royaume-Uni a également attendu plus longtemps que les États-Unis et de nombreux pays européens pour vacciner les enfants âgés de 12 à 15 ans, et la plupart des jeunes de ce groupe d’âge n’ont toujours pas reçu leurs vaccins.

« Il est essentiel que nous accélérions le programme de rappel », a déclaré l’épidémiologiste Neil Ferguson, membre du groupe consultatif scientifique du gouvernement pour les urgences.

M. Ferguson a déclaré qu’un facteur influençant le nombre élevé de cas au Royaume-Uni a été le fait que le pays se soit fortement appuyé sur le vaccin AstraZeneca, « et, bien qu’il protège très bien contre les effets très graves de la COVID, il protège légèrement moins bien que (le vaccin de) Pfizer contre l’infection et la transmission, particulièrement face au variant Delta.

Il a également noté que « la plupart des pays d’Europe occidentale ont mis en place davantage de mesures de contrôle, de mesures vaccinales, d’obligation de port du masque, et ont tendance à avoir un nombre de cas plus faible et certainement pas un nombre de cas qui augmente aussi vite que chez nous. »

« Mais en fin de compte, c’est une décision politique que le gouvernement doit prendre », a-t-il déclaré à la BBC.

Plan B

Le mois dernier, le premier ministre a déclaré que le pays pourrait avoir besoin de passer à un « plan B » — avec des mesures telles que le masque obligatoire et la mise en place de laissez-passer vaccinaux — si les cas augmentaient suffisamment en automne et en hiver pour que le système de santé subisse une pression intense.

Pour l’instant, le gouvernement dit qu’il ne changera pas de cap.

Le porte-parole de M. Johnson, Max Blain, a déclaré « nous avons toujours su que les prochains mois seraient difficiles ». Mais il a ajouté que le gouvernement essayait de protéger « à la fois des vies et des moyens de subsistance ».

« Grâce aux protections mises en place par notre programme de vaccination, nous pouvons être l’une des économies les plus ouvertes d’Europe », a-t-il dit.

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