L’OMS recommande une dose supplémentaire pour les immunodéprimés

Les personnes immunodéprimées — dont le système de défense du corps humain n’est pas assez fort — avaient été écartées des essais cliniques qui ont permis de déterminer les protocoles de vaccination.
Photo: Jorge Guerrero Agence France-Presse Les personnes immunodéprimées — dont le système de défense du corps humain n’est pas assez fort — avaient été écartées des essais cliniques qui ont permis de déterminer les protocoles de vaccination.

Un comité d’experts de l’OMS a recommandé lundi de donner une dose supplémentaire de vaccin anti-COVID aux personnes « modérément ou sévèrement immunodéprimées », pour tous les vaccins homologués par l’agence onusienne.

Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont bien pris soin d’expliquer lundi qu’il ne s’agissait pas de recommander une troisième dose pour la population générale, pour laquelle l’organisation continue de recommander un moratoire jusqu’à la fin de l’année, afin de libérer des doses et les donner aux pays où le taux de vaccination reste beaucoup trop faible. Ce n’est que le 11 novembre que les experts du Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination de l’OMS se pencheront sur la question.

« La recommandation que nous donnons maintenant est que les gens qui sont immunodéprimés reçoivent une dose supplémentaire », pour porter leur réponse immunitaire au niveau de protection requis pour les empêcher de développer des formes graves de la maladie nécessitant une hospitalisation ou provoquant la mort, a expliqué la docteure Kate O’Brien, directrice du département Vaccination à l’OMS, lors d’un point de presse.

Les personnes immunodéprimées — dont le système de défense du corps humain n’est pas assez fort — avaient été écartées des essais cliniques qui ont permis de déterminer les protocoles de vaccination. « Cette troisième dose [les vaccins autorisés par l’OMS requièrent 2 doses initiales, à l’exception du vaccin Janssen qui n’en nécessite qu’une] devrait être séparée de la seconde d’un à trois mois », a expliqué la docteure O’Brien.

Le même comité a indiqué qu’une troisième dose, pour les 60 ans ou plus, était nécessaire pour les patients qui ont reçu les vaccins anti-COVID des sociétés chinoises Sinovac et Sinopharm. La troisième dose doit être « de préférence avec le même produit, mais peut aussi être faite avec un autre », a précisé Kate O’Brien.

Les experts de l’OMS ont expliqué que les pays devraient d’abord viser à maximiser le nombre de personnes ayant reçu les deux doses, afin d’administrer la troisième dose aux plus de 60 ans.

Les vaccins chinois Sinopharm et Sinovac sont utilisés respectivement dans 70 et 37 pays et territoires, dont plusieurs pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, selon un décompte de l’Agence France-Presse.

« Protection plus limitée »

Expliquant les raisons qui ont poussé les experts de l’OMS à prendre ces décisions concernant les deux vaccins chinois, le Dr Joachim Hombach, secrétaire administratif de SAGE, a expliqué qu’il y avait des « preuves d’une protection plus limitée parmi la population âgée, en particulier chez les personnes très âgées ».

Pour sa part, le président de SAGE, le Dr Alejandro Cravioto, a précisé que la plupart des informations ayant permis aux experts de prendre ces décisions concernant les deux vaccins chinois proviennent d’Amérique latine.

L’OMS a donné son homologation aux deux vaccins à ARN messager de Moderna et de Pfizer-Biontech, aux deux vaccins chinois de Sinopharm et Sinovac, au vaccin de Johnson & Johnson ainsi qu’à celui d’AstraZeneca. Une décision est attendue prochainement pour le vaccin développé par le laboratoire indien Bharat Biotech.

L’organisation souhaite que 40 % de la population de chaque pays soit vaccinée d’ici la fin de l’année et 70 % d’ici le milieu de 2022.

Merck demande à la FDA d’autoriser son comprimé anti-COVID

Le fabricant de médicaments Merck a demandé lundi aux régulateurs américains d’autoriser son médicament pour traiter la COVID-19. S’il est autorisé, une décision qui pourrait intervenir d’ici quelques semaines, le médicament de Merck serait le premier comprimé à traiter la COVID-19, une avancée potentiellement majeure dans les efforts de lutte contre la pandémie. Tous les traitements contre la COVID-19 qui sont actuellement autorisés aux États-Unis nécessitent une intraveineuse ou une injection.

Une pilule antivirale que les gens pourraient prendre à la maison pour réduire leurs symptômes et accélérer le rétablissement pourrait s’avérer révolutionnaire, alléger la charge de travail écrasante des hôpitaux et aider à freiner les épidémies dans les pays les plus pauvres dotés de systèmes de santé faibles. Cela renforcerait également l’approche à deux volets de la pandémie : le traitement, par les médicaments, et la prévention, principalement par la vaccination.

Associated Press



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