Un programme de parrainage accéléré revendiqué

Une femme et ses enfants à Kaboul, mardi. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au gouvernement du Québec de mettre sur pied un programme d’urgence de parrainage pour les Afghans.
Photo: Hoshang Hashimi Une femme et ses enfants à Kaboul, mardi. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au gouvernement du Québec de mettre sur pied un programme d’urgence de parrainage pour les Afghans.

Devant le retrait des troupes canadiennes, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander au gouvernement du Québec de mettre sur pied un programme d’urgence de parrainage pour les Afghans. Des élus et des membres de la société civile demandent aussi que l’actuel programme de parrainage privé soit pleinement fonctionnel et augmente le quota de dossiers qu’il peut traiter.

« Notre but, c’est de demander la collaboration des gouvernements fédéral et provincial et d’essayer de sortir le plus de monde possible. Même si on est capables de ne sauver qu’une seule vie… », a lancé Madina Asefi, qui fait partie d’un collectif de jeunes Afghans de Sherbrooke qui a organisé dimanche dernier un rassemblement auquel ont participé des centaines de personnes, dont plusieurs élus locaux.

Ce même collectif de Sherbrooke, où vit la deuxième communauté d’Afghans en importance, vient de lancer une pétition adressée au gouvernement du Québec pour exiger le lancement rapide d’un « programme accéléré de parrainage privé pour les Afghans ». Il exhorte Québec à autoriser le dépôt de dossiers pour les organismes de parrainage, ce que ces derniers n’ont plus le droit de faire depuis près d’un an en raison d’une suspension décrétée à la suite d’allégations de fraude.

Engouement pour le parrainage

La députée de Québec solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, dit constater un certain engouement de la population pour le parrainage de familles afghanes. « Le téléphone sonne pour ça au bureau. Les gens sont inquiets et veulent savoir comment parrainer quelqu’un », explique-t-elle en entrevue au Devoir. « Malheureusement, on est obligés de leur dire que ce n’est pas possible comme citoyens de se rassembler à quelques personnes pour parrainer une famille. Les gens se sentent impuissants. »

Elle estime qu’il est important de répondre à cette vague de mobilisation. « Il y a ce que le gouvernement va faire pour accueillir des réfugiés, mais les organismes qui vont faire du parrainage privé font beaucoup pour accueillir des réfugiés, et là, ils sont paralysés, déplore-t-elle. Il y a pourtant des gens qui se mobilisent et qui veulent aider. On a tout avantage à le faire, surtout qu’à Sherbrooke on a toute une communauté afghane prête à accueillir ces familles-là. »

Dans une lettre ouverte acheminée au Devoir, trois députés du Parti libéral ont fait leurs propositions au gouvernement Legault. « Avec le départ imminent des États-Unis et les dernières opérations d’évacuation du Canada tenues le 26 août dernier, le gouvernement du Québec a l’occasion de préciser ses intentions à venir », peut-on lire. Ils réclament la levée immédiate « du moratoire sur le parrainage des réfugiés par des organismes reconnus » dont l’échéance est le 1er novembre. Ils demandent aussi au ministère de l’Immigration du Québec de hausser la cible plafond de 100 dossiers que sont autorisés à déposer les groupes de parrainage de deux à cinq personnes.

Rappelons que, lors de la dernière période de dépôt du programme de parrainage, qui s’est terminée le 5 mai dernier, ces groupes de deux à cinq personnes ont été autorisés à déposer un plus grand nombre de dossiers, soit 750, pour remédier au fait que les organismes avaient été écartés du processus de dépôt.

Pas de moratoire

Le cabinet de la ministre québécoise de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, a insisté pour dire qu’il n’existe pas de moratoire sur le programme de parrainage privé (aussi appelé « collectif »). « Au contraire, cette année, le parrainage collectif a été maintenu et ouvert exceptionnellement aux groupes de deux à cinq personnes, a soutenu l’attachée de presse Flore Bouchon. Quant aux organismes de parrainage, ils ont été temporairement exclus du processus par la tenue d’une enquête. Cela n’a jamais remis en question le nombre de dossiers pouvant être déposés, soit 750. »

Par ailleurs, elle indique que la « non-ouverture » du programme de parrainage privé n’a pas d’incidence sur le nombre de réfugiés que le Québec accueillera puisque ceux-ci pourront l’être par l’entremise du programme des réfugiés pris en charge par l’État. « Ce programme est le moyen le plus efficace d’agir dans un contexte de crise humanitaire », a-t-elle soutenu.

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