Le Canada prêt à rester en Afghanistan après le 31 août

«Évidemment, nous sommes tous d’accord que les talibans doivent laisser les gens se rendre à l’aéroport dans les jours à venir, mais ils vont devoir aussi permettre aux gens de quitter l’Afghanistan dans les semaines à venir», a déclaré Justin Trudeau.
Photo: Samuel Ruiz / US Marine Corps via Agence France-Presse «Évidemment, nous sommes tous d’accord que les talibans doivent laisser les gens se rendre à l’aéroport dans les jours à venir, mais ils vont devoir aussi permettre aux gens de quitter l’Afghanistan dans les semaines à venir», a déclaré Justin Trudeau.

Le Canada est prêt à laisser ses forces spéciales en Afghanistan au-delà de la date butoir du 31 août fixée par les États-Unis, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau mardi, tout en ouvrant la porte à la reconnaissance d’un gouvernement taliban. Ces militaires ont été déployés pour permettre l’évacuation des ressortissants canadiens et d’Afghans terrorisés par le régime des talibans.

« J’ai insisté sur le fait que le Canada était prêt à rester même après le 31 août, si c’était possible, pour continuer de sauver le plus de gens possible », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre virtuelle des leaders du G7. « Évidemment, nous sommes tous d’accord que les talibans doivent laisser les gens se rendre à l’aéroport dans les jours à venir, mais ils vont devoir aussi permettre aux gens de quitter l’Afghanistan dans les semaines à venir », a-t-il ajouté.

Le premier ministre a ensuite indiqué qu’il s’attendait à ce que ceux-ci obtempèrent en échange d’une reconnaissance de leur gouvernement, d’aide financière et de nourriture. « On est en train de collaborer avec la communauté internationale pour que les talibans démontrent ce qu’ils prétendent : qu’ils vont être mieux pour les gens qu’ils ne l’ont été il y a vingt ans, a-t-il expliqué. Ça reste à voir. Nous doutons de leur capacité de faire ça, mais le fait qu’ils veulent une approbation ou un engagement positif avec le monde nous donne un levier pour nous assurer qu’ils laissent les gens partir plus rapidement. »

Les conservateurs ont accusé le chef libéral de faire volte-face et d’ouvrir ainsi la porte à une éventuelle reconnaissance d’un gouvernement taliban. Il y a une semaine, M. Trudeau avait affirmé que le Canada n’avait « aucun plan pour reconnaître les talibans » à la tête de l’Afghanistan.

Le fait qu’ils veulent une approbation ou un engagement positif avec le monde nous donne un levier pour nous assurer qu’ils laissent les gens partir plus rapidement

« Un gouvernement conservateur dirigé par Erin O’Toole ne reconnaîtra jamais les talibans en tant que gouvernement de l’Afghanistan, a fait savoir la candidate conservatrice dans Calgary Nose Hill, Michelle Rempel Garner, par voie de communiqué. Nous demandons à Justin Trudeau de remédier à la crise humanitaire qui sévit dans ce pays au beau milieu de cette élection inutile. »

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a rappelé qu’il avait demandé un plan pour leur immigration au Canada il y a cinq ans. « Il y a des gens à risque, en danger à cause de leur travail avec nos soldats, nos armées », avait-il souligné plus tôt dans la journée.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est également attaqué au leadership du premier ministre sur la scène internationale. « Malheureusement, à de trop nombreuses reprises, le gouvernement fédéral a fait preuve d’un certain manque de cohérence et d’une coordination incertaine avec le principal allié, voisin du Sud et plus grande puissance militaire au monde que sont les États-Unis, a-t-il rappelé. Je pense que ça aurait dû commencer par là. »

 

Le gouvernement libéral a trop tardé à agir pour évacuer les interprètes afghans, a reproché à nouveau le chef néodémocrate, Jagmeet Singh. « Malgré ses promesses, il est de plus en plus clair que M. Trudeau n’a pas de plan crédible pour faire venir 20 000 Afghans, a-t-il déclaré par écrit. En fait, seuls les Afghans qui sont déjà à l’extérieur de l’Afghanistan ont une voie claire vers le Canada. Il doit y avoir une troisième voie navigable pour ceux qui fuient la violence et la persécution. »

M. Trudeau s’est défendu d’avoir laissé tomber les interprètes afghans qui avaient aidé les militaires canadiens lors de la mission en Afghanistan, terminée depuis 2011. « Nous avons accueilli plus de 2000 personnes au Canada au cours des dernières semaines et nous allons continuer d’y travailler chaque jour pour faire sortir le plus de gens possible avec l’aide de nos alliés », a-t-il dit. 

Il a par la suite souligné que le Canada continuerait de faire pression sur les talibans après le 31 août pour qu’ils laissent les Afghans quitter le pays. Le groupe est toujours reconnu au pays comme une entité terroriste.



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