Kamala Harris dénonce les intimidations de Pékin en mer de Chine méridionale

Kamala Harris a aussi voulu apaiser les craintes que les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis ne contraignent les pays étroitement liés à ces deux puissances économiques à choisir leur camp.
Photo: Evelyn Hockstein Pool via Associated Press Kamala Harris a aussi voulu apaiser les craintes que les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis ne contraignent les pays étroitement liés à ces deux puissances économiques à choisir leur camp.

La vice-présidente américaine, Kamala Harris, a accusé mardi Pékin de chercher à intimider les pays du pourtour de la mer de Chine méridionale, tandis que les États-Unis cherchent à renforcer leurs alliances face à la Chine et à rassurer leurs partenaires après leur retrait chaotique de l’Afghanistan. Mme Harris a fait cette déclaration au deuxième jour de sa visite à Singapour, avant de se rendre à Hanoï.

« Pékin continue à exercer des pressions, à intimider et à avoir des revendications sur l’essentiel de la mer de Chine méridionale, a dit Mme Harris à Singapour. Les actes de Pékin continuent à saper l’ordre international fondé sur le droit et à menacer la souveraineté des nations. »

« Les États-Unis peuvent diffamer, opprimer et intimider d’autres pays sans en payer le moindre prix », lui a rétorqué un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, faisant allusion à l’intervention américaine en Afghanistan. « Les États-Unis usent toujours du droit pour justifier leur égoïsme et asseoir leur hégémonie », a-t-il estimé devant la presse.

Dans son discours à Singapour, la vice-présidente américaine a détaillé les objectifs de la politique extérieure américaine en Asie. « Les États-Unis sont unis » avec leurs alliés et leurs partenaires « devant ces menaces », a-t-elle assuré, faisant allusion à la Chine.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, une zone maritime aux ressources importantes et par laquelle se fait une grande partie du commerce mondial. Mais les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei ainsi que Taiwan ont des revendications de souveraineté concurrentes sur la zone.

La Chine a été accusée de déployer des équipements militaires, dont des lance-missiles, et d’ignorer une décision d’un tribunal international de 2016 qui a jugé sans fondement la plupart de ses revendications historiques. Mais les tensions se sont aggravées ces derniers mois entre Pékin et les pays contestant ses revendications maritimes.

Rassurer

Kamala Harris a aussi voulu apaiser les craintes que les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis ne contraignent les pays étroitement liés à ces deux puissances économiques à choisir leur camp. « Notre engagement en Asie du Sud-Est et dans la région indo-pacifique n’est pas dirigé contre un pays quel qu’il soit et ne vise pas à forcer quiconque à choisir entre les pays », a-t-elle affirmé. Cependant, la crise en Afghanistan a renforcé les doutes sur la crédibilité du soutien des États-Unis chez leurs partenaires et jeté une ombre sur la visite en Asie du Sud-Est de Kamala Harris.

Les relations entre Pékin et Washington se sont envenimées après des différends allant de la cybersécurité et de la lutte pour la suprématie technologique aux violations des droits de la personne à Hong Kong et au Xinjiang. Le gouvernement de Joe Biden a poursuivi pour l’essentiel la politique de Donald Trump d’opposition à la Chine.

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