Washington et Londres font bloc avec leurs alliés contre Téhéran

Le 29 juillet, le «MT Mercer Street», un pétrolier géré par une société appartenant à un milliardaire israélien, a été la cible d’une attaque au large d’Oman, qui a conduit à la mort d’un garde de sécurité britannique et d’un membre d’équipage roumain.
Photo: Karim Sahib Agence France-Presse Le 29 juillet, le «MT Mercer Street», un pétrolier géré par une société appartenant à un milliardaire israélien, a été la cible d’une attaque au large d’Oman, qui a conduit à la mort d’un garde de sécurité britannique et d’un membre d’équipage roumain.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont fait bloc vendredi avec leurs alliés du G7 et à l’ONU pour accuser Téhéran d’être responsable de l’attaque meurtrière contre un pétrolier en mer d’Oman, avec la publication de photos du drone piégé fabriqué, selon l’armée américaine, en Iran.

« Tous les éléments de preuve disponibles désignent clairement l’Iran », ont affirmé les grandes puissances du G7 dans une déclaration commune, en dénonçant une « attaque délibérée et ciblée » sans « aucune justification ». « Le comportement de l’Iran ainsi que son soutien à des forces agissant en relais et à des acteurs armés non étatiques menacent la paix et la sécurité internationales », ont martelé les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Canada et du Japon avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Washington et ses alliés européens membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont réitéré les mêmes accusations lors d’une réunion à huis clos à New York, a déclaré à la presse l’ambassadrice britannique Barbara Woodward. « Le Royaume-Uni a informé le Conseil des preuves dont nous disposons », « et ces preuves sont sans appel : le Royaume-Uni sait que l’Iran est responsable de cette attaque », a-t-elle dit.

Le Conseil de sécurité se réunira lundi matin pour un débat public sur la « sécurité maritime », à la suite de cette attaque.

Menace de riposte

 

Le 29 juillet, le MT Mercer Street, un pétrolier géré par une société appartenant à un milliardaire israélien, a été la cible d’une attaque au large d’Oman, qui a conduit à la mort d’un garde de sécurité britannique et d’un membre d’équipage roumain. Les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël avaient très rapidement montré du doigt l’Iran, qui a démenti toute implication, sur fond de tensions récurrentes, d’attaques et de sabotages en série dans les eaux de la région.

Vendredi, à l’appui de ces accusations, le commandement militaire central (Centcom) de l’armée américaine a publié les résultats de son enquête. Selon son communiqué, deux drones piégés ont d’abord manqué leur cible, avant qu’un troisième, « chargé d’explosif à usage militaire », vienne s’abattre sur le MT Mercer Street.

Les experts américains « ont pu récupérer plusieurs morceaux de ce troisième drone » et « ont conclu, sur la base de preuves », qu’il « avait été fabriqué en Iran », a-t-il ajouté, en publiant plusieurs photos. Le Centcom estime aussi que « la distance entre les côtes iraniennes et le site » est compatible avec la portée de précédentes attaques au drone attribuées à Téhéran.

Dès la semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait promis une « réponse collective », sans préciser si elle prendrait la forme de sanctions ou de représailles militaires. L’État hébreu a aussi dit travailler à une riposte et a appelé la communauté internationale à une action musclée. Mais pour l’instant, malgré d’intenses échanges diplomatiques, ces menaces ne se sont pas encore concrétisées.

À l’ONU, l’ambassadrice britannique a assuré que « la porte de la diplomatie et du dialogue » restait « ouverte ». « Mais si l’Iran décide de ne pas emprunter ce chemin, nous allons le tenir pour responsable et lui en faire payer les conséquences », a-t-elle prévenu.

À l’issue de la réunion du Conseil de sécurité, Téhéran a de nouveau « rejeté catégoriquement » ces « attaques sans fondement » et prévenu que l’Iran n’hésiterait pas « à se défendre » en cas d’« aventurisme » de ses rivaux.

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