L’UNICEF plaide pour la réouverture des écoles sans attendre les vaccins

L’enseignement à distance est hors de portée d’un tiers des élèves dans le monde.
Photo: Michael Loccisano/Getty Images/AFP L’enseignement à distance est hors de portée d’un tiers des élèves dans le monde.

Il faut rouvrir les écoles fermées par la pandémie, a affirmé l’UNICEF mardi, alors que 600 millions d’enfants en âge scolaire sont actuellement affectés par les mesures de restriction anti-COVID-19.

« Cela ne peut pas continuer. […] Les écoles devraient être les derniers lieux à fermer et les premiers à rouvrir », a affirmé le porte-parole de l’agence onusienne chargée de l’enfance, James Elder, lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, tout en reconnaissant que le choix était parfois cornélien pour les autorités.

« Rouvrir les écoles ne peut pas attendre qu’élèves et enseignants soient vaccinés », a-t-il souligné, ajoutant que gouvernements et donateurs devaient « protéger le budget de l’éducation » malgré les difficultés économiques causées par la pandémie.

Si les enfants de l’hémisphère nord sont encore en vacances d’été, dans l’est et le sud de l’Afrique, ce sont 40 % de tous les enfants en âge scolaire qui sont privés d’école, a-t-il souligné.

Sur tout le continent, qui connaît une forte poussée de la pandémie depuis plusieurs mois, l’UNICEF estime que 32 millions d’enfants ont vu leur école fermée ou n’y sont pas retournés quand les établissements ont rouvert. Et cela vient s’ajouter aux 37 millions d’enfants qui n’étaient pas scolarisés avant la pandémie.

Dans la région Asie-Pacifique, près de la moitié des écoles ont été fermées pendant plus de 200 jours. Et en Amérique latine et dans les Caraïbes — qui ont vu des durées records de fermeture —, il reste 18 pays où les écoles sont totalement ou partiellement fermées à cause de la pandémie, a précisé M. Elder.

« L’éducation, la sécurité, les amis et la nourriture ont été remplacés par l’angoisse, la violence et les adolescentes enceintes », a dit le porte-parole, qui a cité l’exemple de l’Ouganda, où les grossesses parmi les filles de 10 à 24 ans ont bondi de 20 % entre mars 2020 et juin de cette année.

Quant à l’enseignement à distance, il est hors de portée d’un tiers des élèves dans le monde.

L’éducation, la sécurité, les amis et la nourriture ont été remplacés par l’angoisse, la violence et les adolescentes enceintes, comme en Ouganda

 

En Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, ce sont 80 millions d’enfants qui n’ont eu aucun accès à l’enseignement à distance pendant que leur école était fermée. Et en Ouganda, par exemple, les écoles ont été fermées pendant 306 jours avec seulement 0,3 % des foyers ayant une connexion Internet.

Selon une étude de la Banque mondiale, la pandémie va coûter 10 000 milliards de dollars en revenus perdus à cette génération d’élèves, a rappelé M. Elder.

Washington durcit le ton face au variant Delta

En réinstaurant le port du masque dans les zones à risque même pour les personnes vaccinées et en n’écartant pas une obligation de vaccination pour les employés de l’État fédéral, les États-Unis ont nettement durci le ton mardi face à la propagation du variant Delta.

« Nous avons vu une augmentation de la vaccination ces derniers jours, mais nous devons faire mieux. Jeudi, je présenterai de nouvelles étapes dans notre effort pour que plus d’Américains se fassent vacciner », a indiqué Joe Biden dans un communiqué.

Le président démocrate a par ailleurs ajouté, en marge d’un déplacement mardi, qu’une vaccination obligatoire contre la COVID-19 pour les employés de l’État fédéral était « à l’étude ». Selon les autorités américaines, 2,1 millions de personnes seraient potentiellement concernées, si l’on s’en tient au personnel civil.

Ce serait aussi une étape majeure pour la Maison-Blanche, qui s’est jusqu’ici montrée très réticente à introduire toute notion de contrainte dans sa campagne de vaccination.

« Ce dont je suis sûr, c’est que si 100 millions de personnes de plus s’étaient fait vacciner, la situation serait très différente. Faites-vous vacciner », a martelé Joe Biden. Le président, qui le 4 juillet dernier, jour de la fête nationale américaine, voulait encore croire à l’« indépendance » des États-Unis face au virus, a dû changer de ton face à la propagation rapide du variant Delta.

Les autorités sanitaires ont, quant à elles, revu mardi leurs recommandations sur le port du masque.

 

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