La Chine dément tout piratage du géant Microsoft

Le Canada, les États-Unis, l’Union européenne (UE), la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Australie et l’OTAN ont, dans des communiqués distincts, appelé la Chine à agir «de manière responsable» dans le cyberespace.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse Le Canada, les États-Unis, l’Union européenne (UE), la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Australie et l’OTAN ont, dans des communiqués distincts, appelé la Chine à agir «de manière responsable» dans le cyberespace.

La Chine a fustigé mardi les accusations, « montées de toutes pièces », des États-Unis et de leurs alliés, qui reprochent à Pékin d’avoir piraté le géant informatique Microsoft et de lancer des cyberattaques à grande échelle.

La cybersécurité est le énième sujet de friction entre les deux premières puissances mondiales après la guerre commerciale, l’équipementier télécom chinois Huawei, le traitement des musulmans ouïghours, la joute politique à Taïwan ou encore à Hong Kong. Washington et ses alliés ont condamné lundi, dans une campagne concertée, les cyberactivités « malveillantes » de Pékin et lui ont imputé le piratage massif mené en mars contre les services de messagerie Exchange du groupe Microsoft.

Le Canada, les États-Unis, l’Union européenne (UE), la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Australie et l’OTAN ont, dans des communiqués distincts, appelé la Chine à agir « de manière responsable » dans le cyberespace. Si chacun a choisi ses mots, il s’agit de la plus large condamnation jusqu’à présent des activités numériques chinoises. Elle ne s’accompagne toutefois pas d’annonce de sanctions.

Lundi, le Canada s’est dit « convaincu que le ministère [chinois] de la Sécurité de l’État (MSE) est responsable de la compromission généralisée des serveurs Microsoft Exchange » et que l’attaque visait à voler de la propriété intellectuelle et à acquérir « de vastes quantités » de renseignements personnels.

Les États-Unis ont adopté un ton sévère, peu susceptible d’améliorer les relations sino-américaines. Le président Joe Biden a ainsi accusé les autorités chinoises de « protéger » les auteurs de cyberattaques, voire de leur « donner des moyens d’agir ». La Chine a « un comportement irresponsable, perturbateur et déstabilisant dans le cyberespace, ce qui représente une menace majeure pour l’économie et la sécurité » des États-Unis et de leurs partenaires, a ajouté le secrétaire d’État américain, Antony Blinken.

Londres a affiché la même fermeté. « Le gouvernement chinois doit mettre un terme à son cybersabotage systématique et doit être tenu responsable s’il ne le fait pas », a déclaré le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab.

Dans un communiqué plus prudent, l’OTAN a de son côté « pris acte » des déclarations de ses membres sur la Chine. « Nous appelons tous les États, dont la Chine, à respecter leurs obligations et engagements internationaux […] y compris dans le cyberespace », a ajouté l’alliance transatlantique.

La Chine a fermement démenti mardi sa responsabilité dans les attaques informatiques et notamment celle contre Microsoft. « Cette action est montée de toutes pièces et présente les faits à l’envers. C’est une campagne de dénigrement et de pression totalement motivée par des raisons politiques », a réagi Zhao Lijian, un porte-parole de la diplomatie chinoise. « Jeter l’opprobre sur les autres ne vous blanchit pas pour autant, a dénoncé M. Zhao lors d’un point presse. Ce sont les États-Unis qui sont le principal pays à l’origine des cyberattaques dans le monde. »

Nous appelons tous les États à respecter leurs engagements internationaux […] y compris dans le cyberespace

 

L’ambassade de Chine à Canberra avait accusé plus tôt mardi l’Australie de « répéter comme un perroquet » la rhétorique américaine.

D’après Washington, qui n’a toutefois pas avancé de preuve, le gouvernement chinois « fait appel à des pirates informatiques » pour mener des attaques dans le monde entier.

Les informations volées dans de nombreux pays, dont l’Allemagne ou l’Indonésie, portaient notamment sur des véhicules autonomes, des formules chimiques ou des technologies de séquençage génétique, selon le ministère américain de la Justice.

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