Les États-Unis inquiets d’un renforcement de l’arsenal nucléaire chinois

Robert Wood, l’ambassadeur américain à la Conférence de Genève sur le désarmement, a évoqué une série de nouveaux systèmes d’armements que la Chine chercherait à développer, qui ont le «grand potentiel de modifier l’entière dynamique de la stabilité stratégique mondiale».
Photo: Fabrice Coffrini Archives Agence France-Presse Robert Wood, l’ambassadeur américain à la Conférence de Genève sur le désarmement, a évoqué une série de nouveaux systèmes d’armements que la Chine chercherait à développer, qui ont le «grand potentiel de modifier l’entière dynamique de la stabilité stratégique mondiale».

Les États-Unis ont fait part jeudi de leur grande préoccupation à la suite de la publication d’informations sur un important renforcement par la Chine de son arsenal nucléaire. Washington a appelé Pékin à un dialogue en vue d’éviter une nouvelle course aux armements.

« Il est de l’intérêt de tout le monde que les puissances nucléaires discutent directement entre elles de la réduction des dangers nucléaires et [de la façon] d’éviter les mauvais calculs », a déclaré aux journalistes Robert Wood, l’ambassadeur américain à la Conférence de Genève sur le désarmement.

Il réagissait à des informations de presse parues la semaine dernière selon lesquelles la Chine est en train de construire plus de cent nouveaux silos pour des missiles balistiques intercontinentaux.

Le Washington Post, citant une analyse d’images satellites effectuée par le Centre James Martin pour les études sur la non-prolifération — dont le siège est en Californie — , a écrit que 119 silos étaient en construction dans un désert près de Yumen, une ville du nord-ouest de la Chine.

C’est « très préoccupant », a commenté M. Wood. « Tant que la Chine ne s’assiéra pas avec les États-Unis de manière bilatérale, le risque d’une course aux armements dévastatrice continuera à augmenter et ce n’est de l’intérêt de personne », a-t-il poursuivi.

Opacité décriée

Ce pays, a ajouté le diplomate américain, prétend être « une puissance nucléaire responsable » et que son « très, très petit [arsenal] n’a qu’un but défensif » : « mais quand vous voyez beaucoup de ce que la Chine fait, cela est en contradiction avec ce qu’elle dit ».

Robert Wood a évoqué une série de nouveaux systèmes d’armements que la Chine chercherait à développer, y compris des missiles capables d’atteindre les États-Unis, qui ont le « grand potentiel de modifier l’entière dynamique de la stabilité stratégique mondiale ».

Pour lui, l’un des principaux problèmes est le manque de transparence dans ce domaine de la Chine, qui ne donne aucun détail sur son arsenal nucléaire.

Dans sa première évaluation rendue publique l’année dernière de la capacité nucléaire de ce pays, le Pentagone estimait qu’il avait plus de 200 têtes nucléaires et qu’il semblait vouloir en doubler le nombre dans la prochaine décennie.

« Nous disons que le programme d’armements nucléaires [chinois] est en mesure de doubler son stock ces dix prochaines années mais cela pourrait être plus que ça », a à cet égard dit M. Wood.

« Si elle ne s’assied pas à la table [des négociations], il est difficile de dire ce que la Chine fait réellement », a-t-il souligné.

Il n’en demeure pas moins que le nombre estimé des têtes nucléaires détenues par les Chinois est de très loin inférieur aux plus de 11 000 dont les États-Unis et la Russie disposent ensemble.

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