Le chef de l'état-major israélien envisage un retrait du Golan

Jérusalem — Le chef de l'état-major israélien, le général Moshe Yaalon, a créé la surprise hier en envisageant un retrait du plateau syrien du Golan par Israël, une position qui ne reflète pas celle du gouvernement.

Le chef de l'état-major, le général Moshe Yaalon, a estimé qu'Israël pouvait renoncer d'un point de vue militaire au plateau du Golan conquis sur la Syrie contre un accord de paix. C'est la première fois qu'un officier d'un tel rang semble accepter un retrait de tout le Golan, exigé par Damas pour tout accord de paix avec Israël.

L'extrême droite en Israël a vivement réagi à ces propos. «Ces déclarations témoignent d'une véritable maladie mentale, qui pousse des responsables à proclamer chaque jour leur intention de brader des parties d'Israël», a déclaré à la radio publique le dirigeant du Parti national religieux (PNR), l'ancien ministre Effi Eytam.

«Du point de vue des nécessités militaires, on peut parvenir à un accord avec la Syrie en renonçant au Golan», a estimé le général dans une interview au quotidien Yediot Aharonot. Selon lui, «l'armée pourrait défendre les frontières d'Israël quelles qu'elles soient, en cas de décision de l'autorité politique» sur un retrait du Golan.

Position inchangée

Un haut responsable israélien a affirmé toutefois que la position du gouvernement israélien était «inchangée sur la question». «Nous ne négocierons avec la Syrie que si elle renonce au préalable à soutenir des actions terroristes contre Israël et sans condition préalable sur la nature d'un accord définitif», a déclaré ce proche du premier ministre Ariel Sharon qui a requis l'anonymat.

Il faisait référence au soutien de la Syrie au mouvement chiite libanais Hezbollah et à l'appui qu'elle fournit, selon lui, à plusieurs groupes radicaux palestiniens, notamment le Hamas.

M. Sharon s'est à de multiples reprises prononcé contre un retrait de tout le plateau, conquis durant la guerre de juin 1967 et annexé en 1981. Il avait averti en janvier «qu'une négociation avec la Syrie mènera Israël à descendre du plateau du Golan».

Reprendre le dialogue

Dans une interview publiée en décembre 2003 par le New York Times, le président syrien Bachar al-Assad avait envisagé une reprise du dialogue avec Israël en vue de récupérer le Golan, en échange de la paix et d'une normalisation des relations entre les deux pays.

La Syrie veut reprendre les négociations là où elles avaient été arrêtées en janvier 2000, quand le gouvernement travailliste israélien de l'époque envisageait un retrait de la quasi-totalité du Golan, hormis une étroite bande de terre le long de la rive orientale du lac de Tibériade, le principal réservoir d'eau douce d'Israël. Le gouvernement israélien actuel ne se considère pas lié par cette position, vu qu'à l'époque la Syrie, qui réclame le retour aux lignes de cessez-le-feu antérieures à la guerre de juin 1967, avait repoussé un tel accord.

Violences

Dans le nord de la Cisjordanie, un Palestinien a tué un colon israélien et s'est emparé de son arme avant d'être abattu lors d'une poursuite, près de la colonie d'Itamar. Les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, un groupe armé lié au Fatah du dirigeant Yasser Arafat mais autonome, ont revendiqué l'attaque.

Par ailleurs, la police israélienne a annoncé la capture des trois membres d'un commando palestinien qui avait fait exploser mercredi une bombe à un barrage militaire à l'entrée de Jérusalem-Est, tuant deux Palestiniens.