Paris fait tomber le masque, Moscou contraint à la vaccination

En France, le port du masque à l’extérieur n’est plus obligatoire à partir de jeudi.
Photo: Benjamin Girette Associated Press En France, le port du masque à l’extérieur n’est plus obligatoire à partir de jeudi.

L’ambiance sur le front du virus est à l’embellie dans l’Union européenne, qui rouvre ses portes aux touristes américains, et où la France s’apprête à faire tomber le masque en extérieur, alors qu’à Moscou, face à une situation « dramatique », la vaccination devient obligatoire pour une partie de la population.

L’Union européenne a par ailleurs validé mercredi les deux premiers plans de relance nationaux post-COVID, au Portugal et en Espagne.

Le reflux de l’épidémie, qui a fait au moins 3 824 885 morts dans le monde, a permis au premier ministre français, Jean Castex, d’annoncer que le port du masque à l’extérieur ne serait plus obligatoire à partir de jeudi, sauf dans certaines circonstances comme les regroupements, les lieux bondés ou les stades.

Il a également annoncé la levée du couvre-feu fixé à 23 h à compter de dimanche. Cette décision a été prise car la situation sanitaire « s’améliore plus vite que nous l’avions espéré », a expliqué M. Castex, dont le pays compte désormais plus du quart de sa population complètement vaccinée.

En Espagne, le premier ministre, Pedro Sanchez, a lui aussi promis mercredi un abandon prochain du masque dans la rue, alors que plus du quart de la population y est aussi entièrement vaccinée.

Au même moment, la Roumanie a annoncé qu’elle allait donner ou revendre des vaccins anti-COVID et renoncer à l’achat de plusieurs millions de doses, alors que la campagne d’immunisation marque le pas, minée par les réticences de la population.

Dans d’autres pays, l’heure est également à la réouverture progressive, comme en Inde où l’emblématique Taj Mahal a accueilli des visiteurs mercredi, après une fermeture de deux mois imposée au plus fort de la deuxième vague épidémique.

Le nombre de contaminations quotidiennes diminue depuis quelques semaines dans le pays, qui a officiellement recensé 379 573 décès et 29 millions de cas, incitant plusieurs grandes villes, dont New Delhi et Bombay, à assouplir les restrictions de déplacement et d’activité commerciale.

Photo: Associated Press En Inde, l’emblématique Taj Mahal a accueilli des visiteurs mercredi, après une fermeture de deux mois imposée au plus fort de la deuxième vague épidémique.

Vaccin obligatoire

En revanche, confrontées à une situation « dramatique », Moscou et toute sa région ont rendu la vaccination contre la COVID-19 obligatoire dans le secteur des services, une première en Russie par rapport à une campagne d’immunisation qui patine et en l’absence de tout confinement.

Sont ainsi sommés de se faire vacciner, entre autres, les personnels des transports, des magasins, de la restauration, des lieux culturels, des salons de beauté, de la santé et de l’éducation ou des banques.

La Russie a annoncé mercredi avoir dénombré 13 397 nouveaux cas en 24 heures et 396 morts, alors que moins de 13 % de la population a reçu au moins une dose.

Le laboratoire allemand CureVac a annoncé mercredi que son principal candidat vaccin à ARN messager contre la COVID-19 n’avait démontré qu’une efficacité de 47 %, des premiers résultats décevants. En cause : les difficultés posées par l’apparition des variants du nouveau coronavirus.

L’Europe occidentale se prépare cependant aux vacances d’été, et les ambassadeurs des Vingt-Sept ont donné leur feu vert à l’ajout des États-Unis à la liste des pays et territoires dont les voyageurs, même non vaccinés contre la COVID-19, peuvent être admis dans l’UE, ont indiqué des sources européennes à l’AFP.

L’Albanie, le Liban, la Macédoine du Nord, la Serbie, Taïwan, Hong Kong et Macao ont également été ajoutés à cette liste qui comprenait jusqu’alors huit pays (Japon, Australie, Israël, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour, Corée du Sud et Thaïlande).

L’UE avait fermé ses frontières extérieures en mars 2020 pour les voyages non essentiels et établi depuis un an une liste restreinte, régulièrement actualisée, de pays tiers dont les résidents sont autorisés à se rendre en Europe.

« Triste jalon » aux États-Unis

Les Européens se fondent notamment sur la situation épidémiologique et l’avancement de la campagne de vaccination, et les pays peuvent y figurer s’ils ont enregistré moins de 75 cas de COVID pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours.

C’est le cas des États-Unis (73,9 %), qui ont cependant franchi mardi le seuil des 600 000 morts.

Un « triste jalon », a déploré le président Joe Biden, en appelant les Américains à se faire vacciner « dès que possible ».

Grâce à la campagne de vaccination, le nombre de décès quotidiens a considérablement baissé, et permis un quasi-retour à la normale dans la majorité du pays, notamment en Californie et à New York, où 70 % des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin.

Dans le même temps, le Portugal et l’Espagne sont devenus mercredi les premiers pays à recevoir le feu vert de Bruxelles pour leurs plans de relance financés par un emprunt commun inédit destiné à surmonter les conséquences économiques de la pandémie.

Madrid doit toucher quelque 140 milliards d’euros, dont la moitié en subventions directes et l’autre sous forme de prêts.

L’Espagne a été l’un des pays les plus touchés par la première vague de la pandémie de COVID-19, au printemps 2020, tandis que le Portugal a été durement atteint en début d’année.

 

Pic de nouvelles infections à la COVID-19 en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud a enregistré mercredi plus de 13 000 nouveaux cas de COVID-19, soit le nombre de nouvelles infections le plus élevé en 24 heures ces cinq derniers mois, selon les statistiques officielles. « Ces chiffres inquiétants représentent le plus grand nombre de cas quotidiens et le plus haut taux de positivité enregistrés depuis janvier 2021 », a déclaré l’Institut national des maladies transmissibles (NICD) dans un communiqué. Pays officiellement le plus touché du continent africain, l’Afrique du Sud compte près de 1,8 million de cas recensés, dont 13 246 ces dernières 24 heures, et plus de 58 000 décès. Le président Cyril Ramaphosa a étendu mardi le couvre-feu nocturne et limité la vente d’alcool pour tenter de contenir une troisième vague de la pandémie. Au cours des deux dernières semaines, les contaminations ont doublé, tandis que les admissions à l’hôpital ont augmenté de près de 60 %. En retard par rapport au reste du monde, l’Afrique du Sud n’a vacciné qu’un peu plus de 1 % de sa population.


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