La contribution du G7 à l’effort vaccinal demeure critiquée

Au 8 juin, le dispositif COVAX avait livré seulement plus de 81 millions de doses de vaccin dans 129 pays et territoires
participants. Sur notre photo, des doses arrivant par avion à Antananarivo, à Madagascar.
Photo: Mamyrael Agence France-Presse Au 8 juin, le dispositif COVAX avait livré seulement plus de 81 millions de doses de vaccin dans 129 pays et territoires participants. Sur notre photo, des doses arrivant par avion à Antananarivo, à Madagascar.

Les pays les plus riches du monde ont promis un milliard de doses de vaccins contre la COVID-19 à leurs homologues plus démunis lors du sommet du G7, un volume très largement insuffisant pour les critiques, qui jugent que l’égoïsme vaccinal de l’Occident est l’une des raisons principales de la pénurie.

Les ONG, comme Oxfam et Human Rights Watch, en pointe dans le combat pour une distribution plus équitable des vaccins, estiment qu’il faudrait 11 milliards de doses cette année. C’est aussi le volume que les groupements de l’industrie pharmaceutique disent pouvoir produire cette année.

Un quart des 2,295 milliards de doses administrées dans le monde à ce jour l’ont été dans les pays du G7, qui hébergent seulement 10 % de la population mondiale.

Un écart qualifié de « grotesque » par le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui y voit « un échec moral catastrophique ».

Les États-Unis ou l’Union européenne ont promis de vacciner l’essentiel de leur population d’ici la fin de l’été, au lieu de limiter les campagnes au strict nécessaire.

Autant de doses, dans un contexte de pénurie, qui ne vont pas au personnel de santé et aux personnes les plus vulnérables dans les pays moins bien lotis.

Ces pays à « faible revenu » — au sens de la Banque mondiale — se contentent pour l’instant de 0,3 % des doses injectées.

Dans le monde, 29,45 doses (premières, deuxièmes et troisièmes incluses) ont été administrées pour 100 habitants. Mais ce chiffre cache de fortes disparités : 2,8 doses pour 100 habitants en Afrique, contre 73 dans les pays du G7.

Le cri d’alarme poussé par l’OMS et les ONG, qui mettent en garde contre le risque d’apparition de variants beaucoup plus dangereux si le monde entier ne se vaccine pas de concert, n’a longtemps pas été entendu.

La semaine dernière, le système COVAX a pu récolter des fonds supplémentaires qui permettront d’obtenir 1,8 milliard de doses de vaccins pour les pays à faible revenu. Les vaccins, qui seront livrés en 2021 et début 2022, permettront de protéger près de 30 % de la population dans 91 pays pauvres. Cela correspond à environ la moitié de la population adulte de ces pays, selon l’Alliance du vaccin (GAVI).

Un pays supplémentaire, l’Inde, recevra 20 % du total des doses disponibles.

Participation canadienne

Le Canada attendra la conclusion du sommet, tenu à Carbis Bay au Royaume-Uni, avant de fournir des détails sur la façon par laquelle il contribuera à l’objectif du milliard de doses visé par les pays du G7.

Vendredi, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a assisté à une rencontre avec les autres dirigeants, le long de la côte anglaise, pour discuter des façons de sortir de la pandémie de COVID-19, mais il a été le seul à ne pas avoir dit combien de vaccins son pays donnera pour y parvenir.

Le haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni, Ralph Goodale, a confirmé que le pays contribuerait « jusqu’à » 100 millions de doses à l’effort mondial de vaccination. « Ce sera une combinaison de certaines en espèces et d’autres en nature. La ventilation complète sera disponible dimanche », a déclaré M. Goodale, député de longue date et ancien ministre du gouvernement Trudeau.

Un responsable du gouvernement canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré que l’offre du Canada incluait ce qu’il a acheté pour d’autres dans le cadre d’initiatives de partage de vaccins.

COVAX et ses failles

COVAX, le dispositif central d’accès mondial à la vaccination contre la COVID-19, devait permettre d’éviter le chacun pour soi et garantir une répartition équitable des vaccins en attendant d’en produire assez pour tout le monde.

Au 8 juin, COVAX avait livré seulement plus de 81 millions de doses de vaccins dans 129 pays et territoires participants. Un nombre très en deçà de son objectif, et les partenaires du système n’ont cessé d’appeler à des dons pour boucher les trous.

COVAX a notamment été la victime, de la ruée des pays qui en avaient les moyens sur les quantités limitées de vaccins disponibles. La pression de l’opinion publique, une fois que les premiers vaccins ont été autorisés et avaient fait la preuve de leur efficacité, a eu raison des engagements pris de se montrer solidaire.

Avec La Presse canadienne

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