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Bande de Gaza - Les Palestiniens bloqués à Rafah peuvent enfin rentrer au bercail

Attente au terminal de Rafah.
Photo: Agence Reuters Attente au terminal de Rafah.

Rafah (bande de Gaza) — Israël a rouvert hier le terminal de Rafah, mettant fin au cauchemar de quelque 3000 Palestiniens qui étaient bloqués dans des conditions particulièrement pénibles à la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte.

Des premiers groupes de voyageurs, les traits creusés par la fatigue, ont franchi en bus le terminal de Rafah venant de l'Égypte.

Ce terminal devrait fonctionner de nouveau régulièrement «sept jours sur sept», ont indiqué les autorités israéliennes qui contrôlent ce passage fermé depuis le 18 juillet, «après des alertes sur des attentats». L'armée aurait craint qu'un tunnel de sape n'ait été creusé près du terminal afin de le faire sauter. Plus de 3000 Palestiniens attendaient, dans des conditions éprouvantes, de franchir ce terminal pour regagner la bande de Gaza.

L'administration israélienne avait proposé aux voyageurs d'entrer en Israël par le passage de Nitsanit, au sud-est de Rafah, puis de rejoindre la bande de Gaza après ce détour. Mais cette solution, ne permettant que l'entrée d'un nombre réduit de voyageurs, avait été rejetée par les Palestiniens.

L'Autorité palestinienne, des gouvernements étrangers, comme la France, et des organisations de défense des droits de l'homme s'étaient élevés contre la fermeture du terminal, arguant des très mauvaises conditions sanitaires dans lesquelles se trouvaient les Palestiniens bloqués au terminal. Trois Palestiniennes y ont fait des fausses couches, selon un responsable égyptien.

La ville de Rafah est située à cheval sur la frontière entre l'Égypte et la bande de Gaza. Les accords sur l'autonomie palestinienne, signés en 1993, accordent aux autorités israéliennes le contrôle du poste-frontière de Rafah du côté palestinien.

Par ailleurs, dans deux incidents séparés, deux activistes palestiniens ont été tués par l'armée israélienne alors qu'ils s'approchaient de colonies juives dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Leur décès porte à 4221 le nombre de morts depuis le début de l'intifada en 2000, soit 3224 Palestiniens et 926 Israéliens.

La décision du ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, d'autoriser «en principe» des policiers palestiniens à porter de nouveau des armes en Cisjordanie afin de «faire face à la situation d'anarchie» a provoqué une vague de protestations dans les rangs de son parti, le Likoud (droite). Mais M. Mofaz a assuré hier que ces policiers ne seraient armés «que de pistolets et de matraques» et souligné que ceux autorisés à porter une arme devraient avoir obtenu l'autorisation du Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien.

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a décidé que des policiers palestiniens en uniforme patrouilleraient dans les villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza pour tenter d'y ramener le calme. Or Israël a interdit aux policiers palestiniens de porter des armes depuis le printemps 2002.

La Cisjordanie et la bande de Gaza ont été récemment le théâtre de graves désordres, dont des rapts et des attaques contre des bâtiments gouvernementaux.

Par ailleurs, l'armée israélienne a arrêté dans la région de Bethléem, en Cisjordanie, huit activistes palestiniens, selon des sources sécuritaires palestiniennes.