Nouvelle alerte terroriste aux États-Unis - Bush est soupçonné de malversations politiques

Washington — Le président américain George W. Bush est sur la défensive alors que certains le soupçonnent de manipuler les alertes terroristes à des fins politiques à l'approche de l'élection présidentielle du 2 novembre.

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, John Kerry, s'est bien gardé de critiquer le président sortant sur ce thème, mais d'autres démocrates s'insurgent accusant le président républicain d'agiter la menace terroriste pour des visées partisanes.

Critiquée pour avoir utilisé des informations anciennes et agité la menace terroriste, la Maison-Blanche a riposté hier via son porte-parole Scott McClellan qui a affirmé que des informations récentes, connues vendredi, avaient conduit également à relever le niveau d'alerte aux États-Unis.

«Une nouvelle série d'informations nous est parvenue vendredi aussi», a indiqué le porte-parole qui s'est toutefois refusé à entrer dans les détails: «Je ne peux pas aller plus loin parce que cela pourrait compromettre des opérations en cours», a-t-il dit.

Il a en revanche répété que l'alerte est également une des conséquences de la récente arrestation d'un homme soupçonné de liens avec al-Qaïda et la découverte «de documents informatiques très détaillés et spécifiques sur les projets» du réseau.

«C'est un agent actif du réseau qui, nous le savons, a des liens avec d'autres responsables qui sont eux-mêmes impliqués dans des complots contre le peuple américain», a ajouté le porte-parole.

Ex-candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle, Howard Dean a déclaré que «chaque fois que Bush a un problème, il abat son atout: le terrorisme». Pourquoi le gouvernement américain a-t-il choisi dimanche de monter le niveau d'alerte à Washington et à New York alors que les données qu'il possédait dataient d'avant le 11 septembre 2001? a demandé M. Dean.

Le gouvernement américain a fait état dimanche de possibles attentats d'al-Qaïda contre des institutions financières et internationales «emblématiques» à New York, à Newark (New Jersey, nord-est) et à Washington, et relevé à l'orange (très élevé) le niveau d'alerte pour ces institutions.

Le ministre chargé de la Sécurité intérieure, Tom Ridge, a admis que les informations qui l'ont conduit à rehausser le niveau d'alerte dataient d'au moins trois ans mais, a-t-il ajouté, certaines de ces informations avaient été réactualisées par al-Qaïda en janvier dernier. Cette organisation planifie ses attaques à l'avance, s'est-il justifié. «Nous ne faisons pas de politique», au département de la Sécurité intérieure, a-t-il assuré.

Dimanche, M. Ridge avait pourtant fait état d'informations «détaillées» et d'une «précision rare».

L'équipe du président Bush a choisi de passer à la contre-offensive hier. Des responsables des services de renseignement ont affirmé, sous couvert d'anonymat, dans plusieurs journaux américains dont le New York Times que les menaces étaient réelles. Un de ces responsables a dit que, selon leurs informations, des attaques pourraient avoir lieu «en août ou en septembre». Un autre responsable a indiqué que les informations communiquées par M. Ridge ne provenaient pas «d'une seule source» et que certaines avaient été mises actualisées «vendredi soir».