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Relance de la colonisation en Cisjordanie

Scènes de joie dans la colonie de Kfar Tapuach, près de Naplouse.
Photo: Agence Reuters Scènes de joie dans la colonie de Kfar Tapuach, près de Naplouse.

Jérusalem — Le gouvernement israélien a manifesté hier sa détermination à renforcer les blocs de colonisation en Cisjordanie, alors qu'il envisage le retrait de colonies isolées et de celles de la bande de Gaza.

Il a approuvé la construction de 600 logements supplémentaires pour la colonie urbaine de Maalé Adoumim, ainsi qu'un changement du tracé de la barrière de séparation en Cisjordanie, qui s'enfoncera encore plus en territoire palestinien pour englober ce faubourg de Jérusalem.

Dans la bande de Gaza, trois Palestiniens condamnés pour «collaboration» avec Israël ont été abattus hier dans leur prison, puis dans un hôpital, par un commando islamiste, ce qui constitue un nouveau défi à l'Autorité palestinienne qui les détenait.

L'opération s'est faite en deux temps: une attaque à la grenade contre la prison de Gaza suivie d'un mitraillage des blessés sur leurs lits d'hôpital. Elle a été revendiquée par le mouvement radical Hamas.

«Le premier ministre Ariel Sharon et le ministre de la Défense [Shaoul Mofaz] ont donné leur feu vert à la construction de 600 logements à Maalé Adoumim», a affirmé un responsable israélien de la Défense.

Cette colonie proche de Jérusalem, la plus importante de Cisjordanie, comptait fin juin 28 120 habitants, et sa population devrait ainsi augmenter de 2000 personnes au moins.

Cette décision est contraire à la «feuille de route», plan de paix du quartette (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU) prévoyant l'arrêt des violences de l'intifada, un gel de la colonisation israélienne et la création d'un État palestinien d'ici 2005.

Les États-Unis ont aussitôt exprimé leur préoccupation. «La "feuille de route" appelle à la fin de toutes les activités de colonisation, y compris l'accroissement [démographique] naturel», a rappelé le porte-parole adjoint du département d'État, Adam Ereli, à propos de ce projet.

Selon des responsables israéliens de la Défense, l'initiative vise à renforcer les «principales colonies» de la Cisjordanie, conformément au plan de retrait de la bande de Gaza de M. Sharon. Ce dernier veut évacuer progressivement, d'ici septembre 2005, les 21 colonies de la bande de Gaza et quatre autres colonies isolées dans le nord de la Cisjordanie, mais il entend garder sous contrôle israélien les principales colonies de la Cisjordanie (dont Maalé Adoumim), derrière une barrière de séparation controversée qu'Israël édifie dans ce territoire.

Le ministre de la Défense a fait savoir que le nouveau tracé

de cette ligne inclura Maalé Adoumim ainsi que le bloc de colonies du Goush Etzion, au sud de Jérusalem.

Présentée par Israël comme une «clôture antiterroriste», la barrière est qualifiée de «mur de l'apartheid» par les Palestiniens, car elle mord profondément sur la Cisjordanie occupée et rend problématique la création d'un État palestinien.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, s'est joint au concert de dénonciations que suscite cet ouvrage.

La construction de cet ouvrage est «irrationnelle» et «immorale», a déclaré le patriarche lors d'une visite de la barrière, près de la ville de Toulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Cette ligne «n'apportera pas plus de sécurité» aux Israéliens et aux Palestiniens et crée «deux prisons» en Terre Sainte, enfermant chacun des deux peuples, a-t-il estimé.

Après sa visite, près de deux cents Palestiniens, auxquels se sont joints une centaine de pacifistes internationaux et israéliens, ont manifesté contre le «mur» sur ce site, avant d'être dispersés aux gaz lacrymogènes par des militaires israéliens.

Cette manifestation s'inscrit dans une campagne de protestation commencée le 30 juillet, qui doit s'achever le 19 août.

La Cour internationale de justice (CIJ) a réclamé, le 9 juillet, le démantèlement de la barrière de séparation et l'Assemblée générale de l'Onu a voté à une majorité écrasante, le 20 juillet, une résolution exigeant qu'Israël respecte cet avis. Mais Israël a annoncé que la barrière de séparation serait achevée en 2005 comme prévu.