Campagne présidentielle américaine - Les attaques fusent de toute part

John Kerry, à bord d’un autobus, hier, dans l’Ohio.
Photo: Agence Reuters John Kerry, à bord d’un autobus, hier, dans l’Ohio.

Washington — À peine achevée la convention démocrate, la campagne pour la présidentielle américaine s'est subitement durcie cette fin de semaine, chaque adversaire retroussant ses manches, à trois mois de l'échéance du 2 novembre.

Les attaques, dont les médias se font l'écho dans leur intégralité, fusent désormais de toute part et sur tous les thèmes, de la sécurité à l'économie en passant par l'Irak et le passé des candidats, tous deux en déplacement dans le Nord industriel.

Hier, le New York Times rapportait que l'état-major de campagne du président américain, George W. Bush, avait pour projet de multiplier les salves contre son rival John Kerry pendant le mois d'août, traditionnelle période de relâche, pour notamment détourner l'attention de l'opinion sur les faits d'armes passés au Viêtnam du candidat démocrate à la présidentielle.

Fort de ses actes de bravoure pendant cette guerre qui a traumatisé l'Amérique pour des décennies, M. Kerry se présente désormais comme l'aspirant capable de remporter la lutte antiterroriste, cheval de bataille traditionnel du président Bush depuis les attentats meurtriers du 11 septembre 2001.

La convention du Parti républicain, prévue du 30 août au 2 septembre à New York, sera pour les conseillers de M. Bush l'occasion d'attaques contre M. Kerry, qui sera tourné en dérision et fera l'objet de piques à cette occasion, a précisé le grand quotidien new-yorkais en citant des proches du président.

«Nous avons besoin, alors que nous nous dirigeons vers la convention, de dire aux gens ce que [M. Bush] veut faire ces quatre prochaines années. Nous avons encore besoin d'expliquer la guerre contre le terrorisme et nous devons offrir un contraste avec le sénateur Kerry», a déclaré Karl Rove, conseiller politique présidentiel, cité par le journal.

Mais M. Kerry, conforté par une investiture marquée par un discours considéré réussi à la fin de la convention de Boston, n'entend pas rester les bras croisés.

Échec de la diplomatie de Bush

Il a répété hier, sur la chaîne de télévision ABC, que M. Bush avait «trompé» les Américains en les engageant dans la guerre en Irak après l'échec de sa diplomatie.

«Le président a trompé l'Amérique [...], le fait que cela ait été intentionnel ou non, c'est aux Américains de décider», a déclaré le sénateur du Massachusetts.

«Le président a échoué à conduire la diplomatie», a martelé Kerry, critiquant Bush pour ne pas avoir réussi à construire une large coalition internationale pour chasser l'ancien président Saddam Hussein et aider à reconstruire l'Irak d'après-guerre.

Kerry était flanqué, sur ABC, de son candidat démocrate à la vice-présidence, John Edwards, qui a également fait flèche de tout bois contre le gouvernement en axant ses attaques sur le manque d'efficacité des services de renseignement américains, comme l'a souligné le rapport final de la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre.

«Nous avons besoin de quelqu'un qui soit responsable de l'ensemble des opérations de renseignement», a-t-il dit, se faisant l'écho de l'une des principales propositions de la commission, soit la création d'un poste de superpatron aux côtés de l'hôte de la Maison-Blanche, alors que M. Bush semble hésiter à ce sujet.

Une autre attaque remarquée sur ce terrain est venue samedi de Merrill McPeak, général à la retraite et ex-chef d'état-major de l'armée de l'air pendant la guerre du Golfe (1990-91), qui appuie maintenant Kerry.

M. Bush «déclare être en accord avec les travaux de la commission, mais il a lutté contre sa formation dès ses débuts et continue à coopérer avec elle à contrecoeur, quoi qu'il dise», a-t-il déclaré.