cache information close 

En bref: Kigali accuse

Kigali — Dix ans après les massacres, le Rwanda va tenter de prouver «l'implication de la France dans le génocide» qui avait fait en 1994 quelque 800 000 morts, alors que Paris vient de se féliciter du «nouvel état d'esprit» dans ses relations avec Kigali.

Une «commission» rwandaise, qualifiée d'«indépendante», sera chargée de ce dossier explosif, a indiqué hier un communiqué du gouvernement rwandais transmis à l'AFP. Réuni vendredi sous la direction du président, Paul Kagame, «le conseil des ministres a adopté le projet de loi organique portant création de la commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994», indique le texte. Rédigé en langue nationale, le kinyarwanda, le communiqué ne précise pas la composition de la commission, mais il est clair sur sa mission: «rassembler les preuves de l'implication», considérant ainsi que cette «implication» est déjà un fait avéré. La France est régulièrement accusée par l'actuel régime rwandais, dominé par la minorité tutsie, d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide, issus de la majorité hutue. Paris a toujours démenti toute «implication» dans le génocide. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, a de son côté affirmé hier à Kigali que la France était prête «à accepter une part équitable du blâme» pour ce qui s'est passé lors du génocide au Rwanda. À ce jour, la France est le seul pays, parmi ceux pointés du doigt par Kigali pour leur comportement pendant le génocide, à n'avoir pas présenté d'excuses, ni demandé pardon au peuple rwandais.