Les grands labos promettent 3,5 milliards de doses de vaccin aux pays pauvres

Environ 1,3 milliard de doses devraient être livrées cette année, le reste en 2022.
Photo: Archives Agence France-Presse Environ 1,3 milliard de doses devraient être livrées cette année, le reste en 2022.

Les principaux producteurs de vaccins contre la COVID-19, les pays du G20 et le Fonds monétaire international (FMI) se sont engagés vendredi à accélérer la vaccination des pays pauvres, pour mettre un terme à la pandémie et relancer au plus vite l’économie mondiale.

Alors qu’un tiers des habitants des pays les plus riches ont déjà reçu au moins une dose de vaccin, ils sont seulement 0,3 % dans les pays à faible revenu, selon le programme COVAX, un mécanisme coordonné par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui s’est donné pour principal objectif de fournir cette année deux milliards de doses de vaccin à ces États plus vulnérables.

Qui plus est, 140 millions de doses manqueront à COVAX d’ici la fin mai, et encore 50 millions en juin par rapport aux volumes initialement prévus pour vacciner 20 % de la population des pays pauvres.

Jusqu’ici, COVAX a signé des accords d’approvisionnement pour 1,8 milliard de doses, permettant de vacciner 30 % des populations concernées, a fait savoir une porte-parole à l’AFP, mais se trouve encore en manque de financement.

Engagements

L’accès des pays les plus vulnérables aux vaccins, la solidarité internationale et la prévention des futures pandémies étaient au cœur d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement du G20 à Rome vendredi, auxquels étaient associés la Commission européenne, des États d’Afrique et d’Asie ainsi que 12 organisations internationales et fondations privées.

Invités à ce sommet, les laboratoires Pfizer-BioNTech, Johnson&Johnson et Moderna ont promis de fournir 3,5 milliards de doses aux pays les plus pauvres en 2021 et en 2022. Les doses seront accessibles à prix coûtant pour les pays à faible revenu et à prix réduit pour les pays à revenu intermédiaire.

De son côté, l’Union européenne (UE) a annoncé qu’elle débloquerait 100 millions de doses cette année, l’Italie, 300 millions, la France et l’Allemagne, 30 millions de doses chacun par le mécanisme COVAX.

« Tout le monde, partout » doit avoir accès aux vaccins, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, tandis que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a fustigé « le nationalisme vaccinal ».

La déclaration finale du sommet de Rome a également entériné l’engagement des pays les plus riches à favoriser la production de vaccins en Afrique grâce au transfert de technologie. « Nous devons vacciner le monde, et vite », a prévenu le premier ministre italien Mario Draghi.

Afin de mettre fin à la pandémie et à ses conséquences économiques et sociales dévastatrices, le FMI a parallèlement présenté à Washington un plan dont le financement est estimé à 50 milliards de dollars avec un objectif de vaccination d’au moins 40 % de la population mondiale d’ici la fin de l’année.

Si la somme paraît considérable, elle est très modeste au regard des plans de relance massifs mis en place par les pays riches — comme celui de 1900 milliards de dollars aux États-Unis. C’est aussi « faible par rapport aux avantages potentiels d’une fin plus rapide de la pandémie, estimés à environ 9000 milliards de dollars » pour l’économie mondiale d’ici 2025, soulignent les économistes du FMI.

Le FMI préconise notamment d’accorder des subventions supplémentaires au mécanisme COVAX, de consentir des dons de doses excédentaires et d’assurer les flux transfrontaliers gratuits de matières premières et de doses de vaccins.

Levée des brevets

Par ailleurs, la déclaration finale du sommet de Rome ne mentionne pas l’idée controversée d’une suspension provisoire des brevets des laboratoires pharmaceutiques pour les vaccins, mais plaide en faveur de la levée des obstacles aux exportations. « C’est un non ferme au nationalisme sanitaire », s’est félicitée Ursula von der Leyen.

La suspension des droits exclusifs des brevets est encouragée par Washington, mais l’UE a déjà exprimé son scepticisme, mettant en avant la longueur et la complexité du processus. Le président chinois Xi Jinping a quant à lui réaffirmé son soutien à la levée temporaire des brevets et annoncé une aide de 3 milliards de dollars au cours des trois prochaines années pour soutenir la lutte contre la pandémie et la relance économique.

Le sommet de Rome se tenait à la veille de la 74e Assemblée mondiale de la Santé (du 24 mai au 1er juin), dont le principal enjeu est la réforme de l’OMS et sa capacité à coordonner la réponse aux crises sanitaires mondiales et prévenir de futures épidémies.

La pandémie a fait plus de 3,4 millions de morts dans le monde depuis son apparition, fin décembre 2019, selon le dernier bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.



À voir en vidéo